Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a présenté jeudi devant l’Assemblée populaire nationale un bilan réaliste du marché automobile algérien, frappé par une pénurie chronique, la flambée des prix et des déséquilibres structurels liés à l’arrêt de l’activité industrielle passée et à la demande accumulée.
Pour pallier l’urgence, le gouvernement a autorisé l’importation de véhicules de moins de trois ans, avec déjà 54 418 voitures importées et près de 42 000 véhicules neufs attendus en 2025, soit près de 100 000 unités pour réoxygéner le marché et calmer la spéculation.Mais l’objectif à long terme reste le redémarrage d’une véritable industrie automobile nationale, au-delà du simple assemblage. Le cadre du décret exécutif 22-384 impose aux investisseurs des conditions strictes : fabrication réelle, taux d’intégration progressive, modèles utilitaires et électriques, et export dès la cinquième année. Concrètement, Fiat (Stellantis) est déjà en production, tandis que Chery et Hyundai attendent l’agrément final et la disponibilité de foncier industriel.
Le ministre a également rappelé que 16 autres fabricants sont actifs dans les motos, camions,
tracteurs, remorques et matériel agricole, avec des taux d’intégration dépassant parfois 50 %.
Un point sensible demeure le foncier industriel, frein majeur au développement de nouveaux projets,
et la réhabilitation des anciennes unités, souvent limitées à l’assemblage sommaire.
Des études techniques sont en cours pour déterminer les investissements nécessaires et envisager l’intégration de ces unités dans des projets industriels conformes aux standards actuels.
L’accent est également mis sur la sous-traitance locale, afin de créer une industrie automobile durable, ancrée dans le tissu économique national, et capable de répondre aux exigences technologiques et aux ambitions d’exportation .
F.B.

