Guerre en Iran:Le grand flou des objectifs américains

La guerre contre l’Iran dure maintenant depuis trois semaines, et plus le temps passe, moins on comprend où Washington veut en venir.
Les Américains eux-mêmes ne saisissent pas vraiment pourquoi leur pays a intensifié le conflit. Pire encore, tout porte à croire qu’il n’y a pas de plan clair derrière tout cela.
Ce qui brouille surtout les pistes, ce sont les déclarations en dents de scie de Donald Trump. Un jour, il annonce que la victoire est proche ; le lendemain, il menace d’élargir les opérations et d’envoyer des troupes au sol.
Pendant ce temps, l’Iran continue de frapper et de causer des pertes aux forces américaines. Et tout cela se passe dans une région stratégique, au cœur des routes pétrolières et des rivalités internationales.
Dans une récente interview, Trump a affirmé avoir «détruit l’essentiel des capacités militaires iraniennes». Mais quand on lui demande quand la guerre finira, sa réponse est pour le moins déroutante : «Quand je le sentirai, au fond de moi.» Difficile de faire plus flou comme stratégie.
Pourtant, les signaux sont contradictoires. D’un côté, des sources affirment que Washington voudrait boucler l’affaire rapidement et a même donné un ultimatum à Israël pour cesser ses opérations.
De l’autre, le Pentagone renforce son dispositif naval et évoque sérieusement l’idée d’une intervention terrestre.
Au Sénat, l’inquiétude monte : les parlementaires s’interrogent sur le coût humain et le risque d’un engrenage militaire, d’autant que la Russie ou la Chine pourraient appuyer Téhéran.
Ces hésitations traduisent un malaise plus profond. Certains proches de Trump lui-même commencent à douter. L’un de ses conseillers a récemment suggéré de «proclamer la victoire et de partir», proposant des négociations pour sortir de l’impasse.
D’autres redoutent une guerre longue, aux conséquences économiques imprévisibles, surtout si les prix du pétrole s’emballent.
L’analyste américain Fareed Zakaria voit dans cette situation un nouveau «piège impérial» : les grandes puissances s’enlisent souvent dans des conflits régionaux qui les épuisent sans profit réel.
Pour les États-Unis, le vrai défi est ailleurs, du côté de la Chine et
de la compétition technologique. S’engluer au Moyen-Orient, c’est prendre le risque de perdre de vue l’essentiel, pendant que Pékin avance ses pions sur l’échiquier mondial.
En somme, cette guerre contre l’Iran expose surtout les tâtonnements d’une administration qui semble naviguer à vue, écartelée entre l’annonce d’une victoire rapide et la peur de l’enlisement n
Malik M.