Guerre commerciale USA-UE : L’Europe sous pression, Trump durcit le ton

L’Union européenne espérait un compromis. Elle se retrouve face à une surtaxe de 30 % sur ses exportations vers les États-Unis, annoncée par le président Donald Trump, malgré les rumeurs d’un accord limité à 10 %. Cette décision, qui prendra effet dès le 1er août, menace de plonger plusieurs économies européennes dans une spirale de récession, notamment l’Allemagne, l’Italie, l’Irlande et les Pays-Bas, grands exportateurs vers le marché américain.
Les secteurs les plus exposés — automobile, mécanique, agroalimentaire — pourraient subir des pertes massives. En Italie, les économistes anticipent déjà une contraction du PIB et la suppression de 150 000 emplois. L’Allemagne, bien que plus résiliente, voit ses exportations vers les États-Unis chuter de près de 10 %, avec un redéploiement partiel vers le marché européen.

L’Europe contre-attaque, mais reste divisée
Face à cette offensive tarifaire, la Commission européenne prépare une riposte graduée : 72 milliards d’euros de droits de douane sur des produits américains, incluant l’aéronautique, les spiritueux et les services numériques. Le négociateur en chef de l’UE, Maros Sefcovic, s’est rendu à Washington pour tenter d’éviter une guerre commerciale totale. Mais les discussions sont jugées « extrêmement difficiles », et certains pays, comme la France, plaident pour l’activation de l’Instrument anti-coercition, surnommé le « bazooka commercial ».Cette stratégie de fermeté répond à la méthode bien connue de Donald Trump : frapper fort, puis négocier. Le président américain a déjà laissé entendre qu’un taux de 15 à 20 % serait « acceptable » pour les pays en négociation. L’Indonésie a obtenu un accord à 10 %, tandis que l’Inde reste sous la menace d’une surtaxe de 26 %

Une politique contestée mais efficace
Malgré les critiques, la politique commerciale de Trump semble produire des effets. Les données douanières montrent une chute spectaculaire des importations en provenance de Chine et d’Allemagne. Pékin, frappée par une taxe de 10 % dès février, a vu ses exportations vers les États-Unis s’effondrer de 30 % au deuxième trimestre.
Pourtant, la Chine a réussi à redéployer ses ventes vers l’UE et l’ASEAN, enregistrant une croissance de 5,2 % du PIB au deuxième trimestre. L’Allemagne, elle, peine à compenser ses pertes, malgré un redéploiement partiel. Son économie reste vulnérable, et les tensions commerciales pourraient aggraver les déséquilibres internes de l’Union européenne. À deux semaines de l’échéance, l’Europe se trouve à la croisée des chemins. Elle peut choisir la confrontation, avec le risque d’une escalade incontrôlable, ou tenter de préserver ce qui reste du plus vaste partenariat économique mondial. Mais pour cela, elle devra surmonter ses divisions internes et adopter une posture unifiée face à Washington .
C.Lotfi