Ghaza: Huit nations brisent le silence et désavouent l’horreur

Depuis Amman, huit pays arabes et musulmans ont fait front commun pour dénoncer le génocide en cours à Ghaza. Jordanie, Émirats arabes unis, Indonésie, Pakistan, Turquie, Arabie saoudite, Qatar et Égypte ont signé un communiqué d’une rare intensité, appelant à mettre fin aux massacres perpétrés par l’entité israélienne contre le peuple palestinien.
Ce cri collectif, lancé par des États parfois liés par les accords d’Abraham, marque un tournant. Les atrocités ont franchi un seuil tel que même les partisans de la normalisation ont fini par dire «basta». Mieux vaut tard que jamais.
Les ministres des Affaires étrangères exigent la fin immédiate du génocide, la levée du blocus inhumain imposé depuis plus de 18 ans, l’accès sans entraves à l’aide humanitaire, à l’eau, aux soins, à l’électricité et à la nourriture. Ils appellent à la libération des prisonniers palestiniens et au retrait total de l’armée israélienne, qualifiée de «plus immorale du monde».
Ils rejettent catégoriquement toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens, qualifiée de crime de nettoyage ethnique visant à effacer leur présence millénaire de leur terre.
Le communiqué rappelle que plus de 65 000 Palestiniens, majoritairement des enfants et des femmes, ont été tués depuis octobre 2023. Il insiste sur l’urgence de reconstruire Ghaza et de relancer un processus politique fondé sur le droit international et les résolutions de l’ONU.
Les huit pays réclament l’établissement d’un État palestinien indépendant sur l’ensemble de la Cisjordanie et de Ghaza, avec Al-Qods-Est pour capitale. Ce texte a une portée symbolique majeure. Il brise le consensus du silence, notamment celui des Émirats arabes unis, jadis promoteurs de la normalisation. Face à l’ampleur du carnage, les illusions diplomatiques se sont effondrées. Le degré de barbarie atteint par l’entité israélienne ne peut plus être justifié, même par ses anciens alliés.
En dénonçant ensemble les crimes de l’occupation, ces huit nations envoient un message clair : le génocide à Ghaza a franchi toutes les limites. L’heure est venue d’isoler les bourreaux, de soutenir la résistance palestinienne et d’ouvrir une voie vers la justice et la liberté. Ce communiqué, signé par des puissances influentes, achève d’isoler le tandem Tel-Aviv–Washington. La fin des massacres semble se rapprocher. Mais à quel prix, et après combien de morts .
Sabrina G.