Ghaza après le cessez-le-feu: L’ombre persistante des munitions non explosées

Alors que le cessez-le-feu entre en vigueur dans la bande de Ghaza, ravagée par deux années d’agression militaire, une autre menace continue de planer sur les civils : celle des munitions non explosées. Le chef du Service de la lutte anti-mines des Nations unies (UNMAS), Luke Irving, a lancé une alerte grave sur les dangers que représentent ces engins meurtriers, disséminés dans les zones résidentielles et agricoles, et susceptibles de provoquer des drames bien après la fin des hostilités. Selon les déclarations relayées par le site officiel de l’ONU, Luke Irving a souligné que de nombreux habitants, déplacés par les bombardements, commencent à regagner leurs quartiers détruits.
Mais ces retours, porteurs d’espoir, s’accompagnent d’un risque majeur : celui de marcher sur des mines ou des obus non explosés, enfouis sous les décombres ou dans les champs. Le responsable onusien a averti que le processus de déminage sera long, complexe et coûteux, nécessitant des moyens techniques et humains considérables.
Depuis 2009, UNMAS opère dans la bande de Ghaza en coordination avec plusieurs agences des Nations unies. Face à l’ampleur des destructions et à l’intensification des mouvements de population depuis les attaques du 7 octobre 2023, le champ d’action du service a été élargi. L’objectif : prévenir les accidents, protéger les civils et accompagner le retour à une vie normale dans les zones sinistrées.
Luke Irving a salué le rôle crucial joué par les organisations de la société civile palestinienne et les ONG locales, qui mènent des campagnes de sensibilisation auprès des populations, notamment des enfants, pour les informer des dangers liés aux munitions non explosées. Ces efforts, souvent réalisés dans des conditions précaires, sont essentiels pour limiter les pertes humaines et renforcer la résilience communautaire. Dans une Ghaza meurtrie, où chaque ruine cache une menace, la paix ne se décrète pas uniquement par le silence des armes. Elle se construit aussi par le déminage patient, la vigilance collective et le soutien international. Car si les bombes ont cessé de tomber, leurs résidus continuent de tuer. Et dans cette lutte invisible, chaque geste compte pour sauver des vies et reconstruire l’avenir .
Sabrina G.