Ala veille du deuxième anniversaire du déclenchement de la guerre d’extermination contre Ghaza, les autorités locales ont publié un rapport accablant, documentant deux années de génocide continu — du 7 octobre 2023 au 5 octobre 2025. Ces chiffres, terrifiants, résument à eux seuls l’ampleur de la catastrophe humaine, sociale et matérielle infligée à la population palestinienne.Selon le rapport, les 2,4 millions d’habitants de Ghaza subissent depuis 730 jours un siège total, la famine, les bombardements et le nettoyage ethnique. Près de 90% de la bande de Ghaza sont aujourd’hui détruits, tandis que les forces d’occupation en contrôlent 80%. Même la zone d’Al-Mawasi, présentée comme «zone humanitaire sûre», a été bombardée à 136 reprises.
Plus de 200 000 tonnes d’explosifs ont été larguées sur le territoire. Le bilan humain est effroyable : 76 639 personnes sont mortes ou portées disparues, dont 67 139 martyrs recensés dans les hôpitaux et 9 500 disparus, probablement ensevelis sous les décombres. Parmi eux, 20 000 enfants et 12 500 femmes ont perdu la vie, dont 9 000 mères et 22 426 pères.
Plus d’un millier d’enfants âgés de moins d’un an ont été tués, et 450 nourrissons sont morts faute de soins ou de nutrition. Les pertes s’étendent à tous les secteurs : 1 670 membres du personnel médical, 140 secouristes de la Défense civile, 254 journalistes et 176 employés municipaux ont été tués. Près de 40 000 familles ont été frappées par des massacres, dont 2 700 entièrement anéanties.
Plus de la moitié des martyrs sont des enfants, des femmes ou des personnes âgées. Les blessés se comptent par centaines de milliers : 169 583 personnes ont été hospitalisées, dont 19 000 nécessitant une rééducation à long terme.
On dénombre 4 800 amputés — dont 18% sont des enfants —, 1 200 personnes paralysées et autant ayant perdu la vue. Plus de 6 700 civils ont été arrêtés, dont 362 soignants et 48 journalistes. La guerre a également fait 21 193 veuves et 56 348 orphelins.Le système de santé s’est effondré : 38 hôpitaux et 96 centres de soins ont été détruits ou mis hors service. Près de 200 ambulances ont été ciblées et 788 attaques ont visé les infrastructures médicales. L’éducation n’a pas été épargnée : 95% des écoles sont endommagées, 668 ont été bombardées, 13 500 étudiants et 830 enseignants tués, et 785 000 élèves privés d’enseignement.Les lieux de culte ont subi le même sort : 835 mosquées détruites, 180 endommagées, trois églises bombardées à plusieurs reprises et 40 cimetières rasés. Des fosses communes ont été découvertes dans des hôpitaux, d’où 529 corps ont été exhumés.Sur le plan du logement, 268 000 unités résidentielles ont été totalement rasées et près de 150 000 autres rendues inhabitables. Environ deux millions de civils ont été déplacés de force, tandis que 293 centres d’hébergement ont été visés. La famine est devenue une arme : depuis 220 jours, tous les points de passage sont fermés. Plus de 120 000 camions d’aide humanitaire ont été bloqués. Les bombardements ont visé 47 cuisines communautaires et 61 centres de distribution alimentaire. Plus de 540 secouristes ont été tués, et 2 605 personnes ont trouvé la mort dans les soi-disant «centres d’aide» américains et israéliens. Aujourd’hui, 650 000 enfants risquent de mourir de malnutrition, 40 000 nourrissons de faim faute de lait infantile. Des milliers de malades chroniques et 12 500 cancéreux sont privés de traitement. 22 000 patients nécessitant des soins à l’étranger sont empêchés de voyager.
Les infrastructures ont été méthodiquement détruites : 725 puits d’eau, 5 000 km de réseaux électriques,
700 000 mètres de canalisations d’eau et d’assainissement, ainsi que 3 millions de mètres de routes ont été pulvérisés. Plus de 200 sites archéologiques et 290 installations sportives ont disparu. L’agriculture a été anéantie : 94% des terres cultivées sont détruites, les puits agricoles comblés, les serres rasées, la production de légumes effondrée de 405 000 tonnes à 28 000 tonnes.
La pêche, elle aussi, a été totalement ruinée.Les pertes économiques directes pour quinze secteurs vitaux atteignent 70 milliards de dollars, dont 28 milliards pour le logement, 5 milliards pour la santé, 4 milliards pour l’éducation et plus de 4,5 milliards pour le commerce. Tous les pans de la vie à Gaza, de l’industrie aux télécommunications, du sport à la culture ont été dévastés.
Ce rapport, publié à la veille du 730ᵉ jour du conflit, dresse le portrait d’une société systématiquement détruite. Il confirme que la bande de Ghaza, écrasée sous les bombes, la faim et le siège, n’est plus seulement une zone de guerre : c’est une terre martyre, témoin d’un génocide prolongé et impuni .
Sabrina G.
Ghaza, 2 ans après: Une nation effacée sous les ruines

