Dans un discours d’une rare intensité morale, prononcé à l’occasion de la Fête nationale belge le 21 juillet, le roi Philippe de Belgique a brisé le ton feutré habituel des adresses royales pour dénoncer avec force la tragédie humanitaire en cours dans la bande de Gaza. « La situation actuelle à Gaza n’a que trop duré. Elle est une honte pour l’humanité toute entière », a-t-il déclaré, dans une allocution retransmise à l’échelle nationale et saluée par une large partie de l’opinion publique.
Le souverain belge a exprimé son indignation face aux souffrances infligées aux civils palestiniens, évoquant des innocents « étouffés dans leur enclave, tombant sous les bombes et mourant de faim ». Il a affirmé se joindre à tous ceux qui dénoncent les graves dérives humanitaires, et a soutenu l’appel du Secrétaire général des Nations Unies à mettre fin immédiatement à cette crise insoutenable.
Ce discours marque un tournant dans l’expression publique du chef de l’État belge, qui a choisi de sortir de la réserve monarchique pour incarner une voix de conscience.
Il ne s’agit pas d’une prise de position politique, mais d’un cri humaniste, lancé au nom de la dignité humaine et du respect du droit international. Le roi Philippe a rappelé que lorsque ce droit est bafoué, « c’est le monde entier qui y perd ». Il a également interpellé l’Europe, l’invitant à « affirmer davantage son leadership » et à s’imposer comme un rempart face à la brutalité des rapports de force. « Les valeurs de la démocratie, de la justice et du droit ne doivent jamais être abandonnées », a-t-il insisté. Dans un contexte où les grandes puissances hésitent à nommer les responsabilités, le roi des Belges a osé dire l’indicible. Il n’a pas cité de noms, mais ses mots ont résonné comme un appel à la lucidité et à l’action. Face à une occupation qui utilise la famine comme arme de guerre, face à plus de 1 000 civils tués en tentant d’accéder à l’aide humanitaire, face à des enfants souffrant de malnutrition aiguë, le silence n’est plus une option. L’Algérie, qui a toujours défendu la cause palestinienne avec constance et clarté, trouve dans cette déclaration royale un écho puissant à sa propre position. Le cri du roi Philippe rappelle que la solidarité avec Gaza n’est pas une posture, mais un devoir moral. Et que dans ce combat pour la justice, les voix courageuses ne sont jamais de trop .
Imène.G

