Malgré un contexte mondial marqué par une volatilité persistante des marchés énergétiques, l’Algérie a réussi à préserver sa position de leader continental.
Avec 9,54 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié exportées en 2025, elle conserve sa place de deuxième plus grand exportateur africain, derrière le Nigeria.
Un résultat qui, s’il témoigne d’une légère érosion par rapport aux volumes records de 2023 (13,45 Mt) et 2024 (11,62 Mt), n’en demeure pas moins solide dans un environnement où la concurrence s’intensifie.
L’analyse des données fournies par une unité de recherche spécialisée basée à Washington révèle une
année en dents de scie pour les exportations gazières algériennes.
Après un premier trimestre à 2,23 Mt et un deuxième à 2,55 Mt, le troisième trimestre a accusé une baisse significative à 2,14 Mt, son plus bas niveau depuis plusieurs années.
Une chute que les opérateurs du secteur attribuent à des maintenances techniques programmées sur les installations de liquéfaction, conjuguées à une demande européenne en berne durant la période estivale.
La bonne nouvelle est venue du quatrième trimestre, avec un rebond spectaculaire à 2,62 Mt, la meilleure performance de l’année, confirmant la capacité de résilience et d’adaptation de l’appareil exportateur national. Sur le plan mensuel, mars s’est distingué comme le mois le plus faste avec 1,15 million de tonnes expédiées, suivi d’octobre et son million de tonnes. Des pics qui démontrent que, lorsque les conditions techniques et commerciales sont réunies, l’outil industriel algérien peut mobiliser des volumes conséquents pour répondre à la demande internationale.
L’Europe, socle indéfectible des exportations algériennes
La géographie des exportations de GNL algérien en 2025 ne souffre d’aucune ambiguïté : le Vieux Continent reste le débouché privilégié, presque exclusif, de l’or bleu national.
Cinq pays européens concentrent à eux seuls 96% des volumes expédiés, une dépendance structurelle qui est aussi une force, tant les besoins de diversification des pays de l’Union européenne face aux approvisionnements russes sont devenus stratégiques.
La Turquie s’impose comme le premier client d’Algérie avec 3,14 Mt importées, confirmant le rôle clé d’Ankara dans la stratégie d’exportation de Sonatrach.
La France, partenaire historique, occupe la seconde place avec 2,31 Mt, suivie de l’Italie (1,62 Mt) – pays vers lequel transite également le gaz par gazoduc via le Transmed –, de l’Espagne
(1,44 Mt) et du Royaume-Uni (0,64 Mt). Une répartition qui ancre un peu plus l’Algérie dans l’échiquier énergétique méditerranéen.
L’année 2025 aura également vu les premières livraisons significatives vers l’Asie, avec des cargaisons à destination de la Chine (65 000 t) et de la Corée du Sud (67 000 t).
Des volumes encore modestes, mais qui ouvrent une brèche vers des marchés d’avenir, traditionnellement dominés par les producteurs du Golfe et l’Australie.
Le Nigeria en tête, la Mauritanie fait son entrée
À l’échelle du continent, la hiérarchie des exportateurs de GNL reste stable.
Le Nigeria conforte sa place de numéro un africain pour la deuxième année consécutive, porté par ses infrastructures gigantesques et sa capacité à maintenir des flux réguliers vers l’Europe et l’Asie.
Dans l’ensemble, les exportations africaines de GNL ont progressé de 2,3% en 2025, atteignant 39,71 Mt, signe que le continent pèse de plus en plus dans l’équation énergétique mondiale.
L’événement marquant de l’année reste toutefois l’entrée de la Mauritanie dans le cercle très fermé des pays exportateurs de GNL.
Avec 1,38 Mt expédiées, Nouakchott fait une entrée remarquée et se hisse directement à la septième place du classement africain, juste derrière le Cameroun (1,43 Mt). Cette nouvelle donne ouvre des perspectives de coopération régionale dans le domaine des hydrocarbures, notamment autour des champs gaziers offshore partagés ou frontaliers.
Pour l’Algérie, l’enjeu pour 2026 sera double : maintenir son rang face à l’émergence de nouveaux acteurs régionaux, tout en capitalisant sur la demande européenne structurellement élevée. Un défi que les pouvoirs publics et Sonatrach semblent prêts à relever, forts d’une expérience éprouvée et d’une position géographique toujours aussi stratégique.
Lamine.N.

