Un nouvel épisode vient alimenter les tensions déjà vives entre la France et l’Algérie. Cette fois-ci, le différend porte sur le refus des autorités algériennes d’accueillir un de leurs ressortissants que la France souhait expulser. Selon des médias français, citant l’Agence France-Presse (AFP), l’Algérie a une fois de plus refusé l’entrée sur son territoire à un citoyen algérien expulsé de France, malgré la possession d’une pièce d’identité valide. Les autorités algériennes ont justifié leur décision par l’absence d’un permis consulaire, une condition qu’elles estiment nécessaire pour autoriser l’entrée du ressortissant. L’individu en question, âgé de 30 ans, avait été condamné en mai dernier en France à six mois de prison et à une interdiction de territoire pour plusieurs délits, notamment vol, recel de biens volés et port d’arme blanche. À sa sortie de prison, une obligation de quitter le territoire français (OQTF) lui a été notifiée, et il a été placé en centre de rétention à Lyon en attendant son expulsion.
Le 10 février, alors que la durée maximale de détention approchait, il a été embarqué à bord d’un vol pour l’Algérie, escorté par des policiers français. À son arrivée à Oran, les autorités algériennes ont refusé son entrée, invoquant l’absence de permis consulaire, et l’ont immédiatement renvoyé en France. Face à ce refus, le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a réagi en ordonnant aux services de sécurité français d’obtenir un document écrit de la compagnie Air Algérie lorsqu’un « permis consulaire » est exigé. Selon lui, cette exigence constitue une « nouvelle condition supplémentaire imposée par Air Algérie, en dehors des accords bilatéraux entre les deux pays. ». Cet incident s’inscrit dans un contexte de relations tendues entre les deux pays. La France a récemment intensifié ses efforts pour expulser des ressortissants algériens sans toujours obtenir l’accord préalable des autorités algériennes. Cette stratégie a été vivement critiquée par le député français Bastien Lachaud, qui y voit une manœuvre délibérée pour provoquer des incidents et alimenter les tensions. Dans des déclarations antérieures, Lachaud avait déjà dénoncé le renvoi d’un influenceur algérien à la frontière « sans procès et sans en informer les autorités algériennes », qualifiant cet acte de « provocation évidente ». Selon lui, ces actions risquent d’envenimer davantage les relations déjà fragiles entre les deux nations. Cet incident illustre les difficultés persistantes dans les relations franco-algériennes, marquées par des désaccords récurrents sur les questions migratoires et les expulsions. Alors que la France insiste sur le respect des décisions judiciaires, l’Algérie réaffirme son droit à imposer ses propres conditions pour l’entrée sur son territoire. Dans un contexte géopolitique sensible, ces tensions risquent de perdurer, voire de s’aggraver, en l’absence de dialogue constructif et de compromis mutuel. En somme, ce nouvel épisode souligne la nécessité d’une approche plus apaisée et respectueuse des accords bilatéraux, afin d’éviter que chaque incident ne devienne une source de conflit supplémentaire entre les deux pays .
M.M.
France-Algérie : Un expulsé renvoyé à l’envoyeur

