Archives spoliées :Un pan d’histoire à récupérer

Dans un plaidoyer pour la création d’une « école algérienne d’histoire », l’historien Amazit Boukhalfa a souligné l’importance cruciale de la restitution des archives détenues par la France. Selon lui,
ces archives sont indispensables pour « écrire notre roman algérien d’histoire » et reconstruire une histoire nationale basée sur des « données historiques ».Boukhalfa regrette que ces archives soient actuellement inaccessibles, obligeant les Algériens à « faire avec » les Français sur le travail mémoriel. Il souligne qu’il ne s’agit pas d’une « histoire commune », mais plutôt d’une « histoire vécue ensemble, pas de la même manière », rappelant que l’expérience de la colonisation était radicalement différente pour les colonisateurs et les colonisés. L’historien appelle à dépolitiser le travail mémoriel, affirmant que « l’histoire ne doit pas être l’otage de la politique ». Il déplore que les premiers bateaux transportant les archives algériennes soient partis dès 1958, avant même le référendum pour l’autodétermination, et insiste sur la nécessité de restituer non seulement les archives, mais également le « patrimoine illégalement transféré en France ».Boukhalfa souligne le caractère génocidaire de la colonisation française, perpétrée par une armée venue « d’un pays qui manquait de tout » et qui a découvert un pays prospère dont elle a pillé les richesses.
Il dénonce les clichés orientalistes véhiculés par les écrivains et chroniqueurs, contrastant avec la
réalité d’une « intention génocidaire » visant le « remplacement de la population » autochtone.Enfin, l’historien évoque la répression sanglante exercée par le colonialisme français, depuis les premières tueries à Bouzareah en 1835 jusqu’à la veille de l’indépendance, qualifiant cet « appétit sanguinaire » de partie intégrante des « gènes mêmes du colonialisme » .
Malik.M.

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