Une nouvelle ère s’ouvre pour les passionnés de jeu vidéo en Algérie. Sous la direction du ministre des Postes et des Télécommunications, M. Sid Ali Zerrouki, le pays a officiellement dévoilé sa stratégie ambitieuse pour s’imposer sur la scène internationale du gaming.
Lors d’un rendez-vous historique tenu mardi dernier, réunissant l’ensemble de l’écosystème, développeurs, start-ups, joueurs professionnels, champions mondiaux, créateurs de contenu et opérateurs télécoms, les grandes orientations ont été tracées pour structurer et dynamiser une filière d’avenir.
Au cœur de cette vision : l’annonce du premier grand événement national dédié aux jeux vidéo, baptisé «Fiber Game». Cet événement, conçu pour devenir un rendez-vous annuel incontournable, vise à fédérer tous les acteurs du secteur et à offrir une plateforme d’innovation, de compétition et de rayonnement.
«L’objectif est clair : faire de l’Algérie un hub régional du jeu vidéo, capable d’attirer des investissements internationaux et de porter une industrie locale compétitive», a souligné le ministre Zerrouki.
Une stratégie soutenue par des infrastructures performantes
Pour accompagner cette ambition, l’opérateur historique Algérie Télécom a annoncé une amélioration significative de son offre destinée aux joueurs. Dès le jeudi 5 février, l’offre «Fiber Gamers» sera actualisée, garantissant aux abonnés fibre optique une expérience de jeu optimale : vitesse accrue, stabilité renforcée et réduction drastique du ping (temps de latence), un critère essentiel pour le jeu en ligne compétitif.
Cette initiative répond directement aux attentes exprimées par la communauté des gamers, soucieuse de conditions techniques au niveau des standards internationaux.
Un marché africain en pleine expansion
Le timing de ce lancement est stratégique. L’industrie du jeu vidéo en Afrique connaît une croissance exponentielle, avec des revenus estimés à 1,8 milliard de dollars en 2024 et plus de 350 millions de joueurs à travers le continent.
Les projections sont encore plus prometteuses : le marché pourrait atteindre 4 milliards de dollars d’ici 2027-2029. Face à cette dynamique, l’Algérie dispose d’atouts majeurs : une jeunesse connectée et passionnée, un vivier de talents créatifs et une volonté politique affichée.
En investissant dans les infrastructures, en soutenant la création de studios locaux et en développant l’esport, le pays pourrait capturer jusqu’à 10% du marché africain d’ici 2028, soit l’équivalent d’environ 400 millions de dollars de retombées économiques potentielles.
La réunion de mardi dernier n’était pas qu’une annonce. Elle s’inscrit dans une série de consultations menées par le ministère avec les plus grands studios mondiaux, afin de construire les bases opérationnelles d’une industrie durable. La démarche, inclusive et tournée vers l’action, associe tous les maillons de la chaîne : de l’entrepreneur indépendant au champion international, en passant par les investisseurs.
L’Algérie ne se contente plus d’être un marché de consommation. Avec «Fiber Game» et le renforcement de son écosystème numérique, elle vise à devenir un acteur de premier plan dans l’économie du jeu vidéo, créatrice d’emplois, d’innovation et de soft power. La partie commence maintenant.
Samira G.

