FIA 2026: L’industrie algérienne prend son envol, du câble au drone de combat

La 57e édition de la Foire internationale d’Alger, qui a refermé ses portes ce vendredi au Palais des expositions, aura été bien plus qu’une vitrine commerciale. Elle s’est imposée comme le miroir d’une mutation industrielle en marche, portée aussi bien par les grands groupes publics que par les entreprises de l’Armée nationale populaire, et le signal est clair, l’Algérie produit, et commence à exporter.

L’industrie civile à l’offensive
Du côté des acteurs économiques, la Société nationale de sidérurgie (SNS) a présenté l’étendue de ses 19 filiales, avec en vitrine des réalisations concrètes : un silo métallique de 20 000 tonnes en construction à Guelma, et surtout la fabrication locale de torons en acier de précontrainte, des produits jusqu’ici importés, désormais produits aux normes internationales et déjà utilisés sur les grands chantiers du pays, de Gara Djebilet à l’autoroute Est-Ouest.
Les exportations vers la Tunisie et la Mauritanie ouvrent une première brèche vers les marchés régionaux.
Le groupe Asmidal, lui, a mis en avant le caractère stratégique de sa production d’engrais pour la sécurité alimentaire nationale, tout en annonçant travailler à dégager des excédents exportables face à une demande internationale soutenue. L’entreprise exporte déjà de l’ammoniac vers l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne. Quant à ENICAB, implantée à Biskra avec une capacité de 20 000 tonnes de câbles par an, elle a annoncé un partenariat avec une entreprise sénégalaise pour faire de Dakar une plateforme de distribution vers toute l’Afrique de l’Ouest, avec des exportations déjà réalisées vers la Mauritanie et la France, et l’Italie dans le viseur.

L’ANP, locomotive industrielle inattendue
Le pavillon militaire aura été l’une des attractions majeures de cette édition, au point de drainer une forte affluence, notamment parmi les jeunes visiteurs.
L’Entreprise EDPSTA y a exposé plusieurs drones fabriqués localement : le quadricoptère «Aurès-700», déjà en phase de commercialisation pour des missions de surveillance, de reconnaissance et de relevés topographiques ; un hexacoptère en cours d’homologation pour des usages civils et militaires, y compris dans la santé et l’agriculture ; et un drone VTOL en développement pour les missions tactiques.
L’entreprise de Khenchela a quant à elle présenté des armes légères, pistolets-mitrailleurs et mitrailleuses, fabriqués à 100% en Algérie.
L’atelier naval de Mers-El-Kébir exposait une vedette d’assaut conçue et réalisée localement pour les opérations en eaux territoriales. Et parmi les pièces les plus insolites du pavillon militaire : une clinique mobile de chirurgie dentaire entièrement développée en Algérie, symbole d’une industrie de défense qui investit désormais le champ de la santé publique.
Le président Tebboune, présent à l’ouverture, a salué le rôle de «locomotive de l’industrie mécanique» joué par l’ANP, fruit, selon lui, «de la discipline, de la volonté et de la disponibilité de compétences qualifiées». Une formule qui résume bien l’ambition affichée tout au long de ces six jours de foire : non plus importer ce que l’Algérie peut fabriquer, mais fabriquer ce qu’elle pourra demain exporter.
Samira G.