L’Algérie intensifie sa lutte contre les inondations, désormais classées parmi les risques majeurs sous l’effet du changement climatique. Pour faire face à ce phénomène de plus en plus fréquent et dévastateur, les autorités s’appuient sur une stratégie nationale dont le cœur est l’identification et la sécurisation des zones les plus vulnérables.
Lors d’un entretien à la Radio Algérienne, M. Salah Lahlah, inspecteur à l’Office national de l’assainissement (ONA), a détaillé cette démarche. Une cartographie précise des dangers a d’abord été établie. Au total, 800 sites à risque avéré d’inondation ont été recensés à l’échelle nationale. Parmi eux, 233 présentent un risque élevé et, surtout, 24 sites sont classés à risque extrême, nécessitant une attention et des interventions prioritaires.
Sur la base de cette classification, une feuille de route multisectorielle a été élaborée, prévoyant des actions à court, moyen et long termes. Les mesures concrètes déjà déployées sur le terrain comprennent la réalisation d’ouvrages de protection : bassins de rétention, canaux, digues et, surtout, des barrages.
M. Lahlah a cité en exemple le barrage de Mekerra dans la wilaya de Sidi-Bel-Abbès. Il a également évoqué le cas de la ville d’Annaba, particulièrement exposée, pour laquelle un projet de sécurisation est en cours avec la construction du barrage de Bouhdid. Ces infrastructures sont conçues pour réguler les crues et protéger les populations et les biens situés en aval. Cette approche structurée, allant de l’identification scientifique des zones à risque à la réalisation d’ouvrages d’ingénierie, vise à renforcer la résilience du territoire face à un aléa climatique qui s’intensifie. Elle souligne la volonté de passer d’une logique de réponse à l’urgence à une véritable culture de la prévention et de l’anticipation.
Anais G.
Face au risque croissant des inondations: L’Algérie cible ses 24 sites les plus critiques

