Exposition «Conscience numérique»: Quand l’art dialogue avec les algorithmes

Jusqu’au 2 mai, le Palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger accueille «Conscience numérique», une exposition qui explore le mariage explosif entre création artistique et intelligences artificielles.
Organisée par Nazim Laksi et placée sous la direction artistique de Lamine Dokman, l’événement propose un parcours en trois temps : ressentir, comprendre, questionner.
Dès le vernissage, le public a plongé dans une expérience immersive où les œuvres ne se regardent plus passivement : elles interagissent avec le spectateur, brouillant la frontière entre l’humain et la machine.
Parmi les participants, le photographe Farid Aouanouk, 55 ans, fait sa première incursion dans le digital. Il a retravaillé ses propres clichés sur toile, un support inhabituel pour lui, afin de créer des compositions hybrides. Il insiste sur une distinction essentielle : l’IA qui génère automatiquement des images n’a rien à voir avec le travail assisté par logiciel, où l’artiste reste au centre. «Le numérique prolonge mon geste, il ne le remplace pas», explique-t-il.
La jeune artiste Yasmine Bengali, alias Kent, étudiante aux Beaux-Arts d’Alger, dévoile quatre œuvres peuplées de personnages imaginaires et de mondes stylisés, entre semi-réalisme et influences manga.
Le digital art lui permet de donner vie à des univers narratifs complexes tout en conservant une cohérence esthétique personnelle.
À côté de ces créations numériques, les sculptures de Mokhtar Mammeri apportent un contrepoint saisissant : des instruments de musique en bronze, disloqués, fragmentés, comme recomposés par une force invisible. Un dialogue puissant entre la matière et le code.
«Conscience numérique» ne se contente pas d’exposer : elle invite à réfléchir.
Deux rencontres sont programmées les 9 et 16 avril à la galerie Baya, où artistes et professionnels débattront de la place de l’artiste face à l’IA, de la transformation du geste créatif à l’ère des algorithmes, et des nouvelles formes d’émotion esthétique.
Une occasion rare de saisir un moment charnière de l’histoire de l’art, où l’humain et le numérique écrivent ensemble une nouvelle page de la création.
Amina S.