Le Kremlin plaide pour une reprise des discussions stratégiques avec les États-Unis, tandis que le transfert de missiles Patriot à Kiev reste en suspens sur fond de tensions entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré hier mardi que Moscou et Washington devaient reprendre rapidement leurs discussions sur la stabilité stratégique et le désarmement nucléaire.
«Nous en sommes convaincus. Nous en avons parlé maintes et maintes fois», a-t-il affirmé lors d’un point de presse, soulignant l’importance de cette question pour les deux puissances.
Peskov a également évoqué une éventuelle rencontre prochaine entre le président russe Vladimir Poutine et l’envoyé américain Steve Witkoff, actuellement en déplacement en Europe.
Cette réunion pourrait permettre à l’émissaire américain de présenter au dirigeant russe les résultats de ses échanges avec les responsables ukrainiens et européens, ainsi que les éléments d’une proposition de paix américaine visant à mettre fin à la guerre. Le porte-parole du Kremlin a indiqué que la date et le lieu de cette rencontre seraient annoncés ultérieurement. Il a également insisté sur la nécessité de maintenir les échanges avec Washington, affirmant que la Russie continuerait de prendre en compte les capacités nucléaires du Royaume-Uni et de la France dans le cadre du dialogue stratégique. Concernant l’Europe, Peskov a estimé qu’une coopération ne pouvait être construite sans dialogue, appelant les responsables européens à clarifier leur position à l’égard de Moscou.
Les missiles Patriot toujours en suspens
Sur un autre volet du dossier ukrainien, l’administration américaine n’a toujours pas finalisé l’autorisation nécessaire au transfert de missiles intercepteurs Patriot vers l’Ukraine, selon le Washington Post, qui a rapporté l’information lundi dernier. D’après le quotidien, une partie des missiles concernés provient de pays partenaires de Kiev. Toutefois, leur transfert nécessite l’approbation du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, en raison des règles encadrant la réexportation d’armes fabriquées aux États-Unis.
Selon des sources citées par le journal, le responsable américain n’a ni officiellement rejeté ces transferts ni achevé les démarches nécessaires à leur approbation. Cette situation suscite des inquiétudes à Kiev, où les stocks de missiles intercepteurs seraient particulièrement limités. Un responsable ukrainien a indiqué au Washington Post qu’il ne restait plus qu’«une poignée» de ces missiles dans les réserves du pays. Ce retard intervient dans un contexte de tensions entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.
Le président américain a récemment estimé qu’une autre personne devrait négocier au nom de l’Ukraine. Plus tôt ce mois-ci, il avait également appelé Kiev à se doter d’un nouveau président.
De son côté, le président ukrainien a exprimé ses réserves quant à la possibilité que Washington cherche à mettre fin à la guerre aux dépens de son pays. Dans une interview accordée dimanche dernier, Volodymyr Zelensky a déclaré ne pas vouloir croire à cette éventualité, tout en reconnaissant que certaines évolutions pouvaient donner cette impression. Les appels de Moscou à la reprise du dialogue stratégique et les incertitudes entourant les livraisons de missiles Patriot illustrent ainsi les différents enjeux diplomatiques et militaires liés au conflit ukrainien. Si ces deux dossiers s’inscrivent dans un même contexte international, aucun élément présenté ne permet d’établir un lien direct entre eux.
Malik M.
