Djamaâ El-Djazaïr célèbre l’art immortel de la calligraphie arabe:Quand l’Algérie sacre ses maîtres de l’encre

Dans l’écrin majestueux du Musée de la civilisation islamique à Djamaâ El-Djazaïr, une cérémonie d’une élégance rare s’est tenue mardi dernier sous la présidence du recteur Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini. L’institution, véritable phare culturel du pays, dévoilait les lauréats de la première édition du concours «Prix Mohamed-Ben-Saïd-Chérifi de calligraphie arabe», un événement destiné à couronner l’excellence d’un art où la beauté du trait épouse la spiritualité du verbe.
Le calligraphe Kacem Bousnan, venu de la wilaya de Ghardaïa, a remporté le premier prix, suivi de près par Adel Maghrebi de Djelfa et Mohamed Mezrak de M’sila, qui complètent ce triplé gagnant.
L’homme qui a donné son nom à cette distinction, le célèbre calligraphe algérien Mohamed Ben Saïd Chérifi, présent pour l’occasion, a tenu à saluer la qualité des œuvres présentées, y voyant «les plus belles écritures islamiques capables de transcrire des versets du Coran».
Avec la sagesse de celui qui a consacré sa vie à cet art, il a rappelé que «la belle calligraphie constitue un pilier auquel les musulmans accordent une grande importance depuis des siècles», permettant à la civilisation islamique d’exceller à travers l’enseignement, la création et l’embellissement du quotidien par des tableaux calligraphiés.
Prenant la parole, Cheikh Maâmoun Al Kacimi a justifié le choix de ce nom avec une émotion palpable, expliquant que «Djamaâ El-Djazaïr a institué ce prix en guise de reconnaissance des efforts du cheikh Mohamed Ben Saïd Chérifi au service du Saint Coran et de la préservation de la lettre arabe».
Il a salué en lui une «école réputée par ses contributions» à la promotion de cet art ancestral, dont le rayonnement dépasse désormais les frontières.
Khaled Saber Cherif, directeur du Musée de la civilisation islamique, a apporté un éclairage complémentaire sur les ambitions de cette manifestation culturelle. Cette cérémonie, a-t-il expliqué, vise d’abord à «célébrer les figures de l’art arabe ancestral, considéré comme l’un des fondements de la civilisation islamique». Avec 35 calligraphes participants à cette première édition, l’objectif est clair : «préserver la calligraphie arabe en Algérie et encourager les créateurs et talents qui portent le flambeau de cet art et œuvrent à son développement et à sa renaissance». Au-delà de la simple compétition, ce prix porte une ambition pédagogique et civilisationnelle forte. Il s’agit de «former une nouvelle génération de calligraphes et de chercheurs capables de porter le message de la calligraphie arabe avec conscience et responsabilité», mais aussi de «consacrer sa place en tant que science, art et civilisation en constante évolution». Une manière de rappeler que la transmission ne se limite pas à la reproduction des gestes anciens, mais qu’elle implique une renaissance permanente, où chaque génération réinvente l’héritage pour le rendre éternel.
Amina S.