Ghaza, le gouvernement de l’occupant sioniste se sert de l’état de siège et de la privation de nourriture pour les palestiniens, comme méthode de guerre. Un acte « génocidaire » qui doit « cesser immédiatement », a déclaré, hier, Amnesty international (AI). Deux mois se sont écoulés depuis qu’Israël a de nouveau interdit l’entrée de l’aide humanitaire et des marchandises dans la bande de Ghaza, le 2 mars 2025. L’occasion pour l’organisation de défense des droits de l’Homme de faire le bilan de cette souffrance et punition collective qui touche plus de deux millions d’habitants.
«En bloquant l’entrée de denrées essentielles à la survie de la population, Israël poursuit sa politique qui consiste à imposer délibérément aux Palestiniens de Ghaza des conditions de vie en vue de leur destruction physique, ce qui constitue un acte de génocide », écrit AI dans un communiqué.
Hormis un bref répit pendant la trêve provisoire, l’entité sioniste « s’est acharnée à transformer Ghaza en un enfer de mort et de destruction », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes au sein de l’organisation, appelant la communauté internationale, en particulier « les États alliés » à agir sans délai et à faire pression sur l’Entité sioniste afin qu’il «lève immédiatement son siège total ».
L’appel de AI intervient alors que se tiendront au cours de cette semaine, des audiences à La Haye, la Cour internationale de justice (CIJ), afin d’examiner les obligations de l’occupant concernant la présence et les activités des Nations unies et d’organisations internationales dans le territoire occupé.
Tous les témoignages recueillis par l’ONG décrivent un sombre tableau d’une « population qui vacille au bord de la survie », regrette AI, ajoutant que la rupture de la trêve «a balayé toute once d’espoir » pour les Palestiniens à Ghaza. « Nous pensions enfin pouvoir pleurer nos morts en paix, inhumer ceux que nous n’avions pas pu enterrer et recommencer à vivre », a expliqué un habitant. Pire, le génocide sioniste à Ghaza ne se limite pas au blocage de l’aide humanitaire, puisqu’Israël a décidé de couper l’approvisionnement en électricité de la principale usine de dessalement de la bande, le 9 mars, réduisant ainsi l’accès à l’eau potable. Cette situation critique a poussé certains habitants « à boire de l’eau de mer », raconte AI qui a récolté le témoignage d’un habitant qui s’est réveillé assoiffé, qui « ne pouvait même pas parler » et qui a « dû envoyer (son) fils faire la queue pendant des heures après avoir marché de longues distances, pour quelques bouteilles d’eau ». Pécheurs et agriculteurs ont abandonné leurs activités, grave crise des liquidités, un seul repas par jour servi après des heures de queue, besoins alimentaires de 92 % des nourrissons âgés de 6 à 23 mois, des femmes enceintes et des mères allaitantes « ne sont pas satisfaits », pénurie du gaz de cuisine et bois qui se fait rare, le tableau est plus que dramatique. Tout en s’opposant aux tentatives de se servir de l’aide humanitaire comme d’une arme, Amnesty international appelle les Etats à agir en vue de rendre les violations commises par l’entité sioniste à l’encontre des Palestiniens « intenables » d’un point de vue politique, diplomatique et économique. «Le siège de Ghaza doit cesser maintenant », a plaidé Erika Guevara Rosas.
Farid B.
Deux mois de siège, AI dénonce la privation de nourriture comme «méthode de guerre»:Ghaza face au «génocide» sioniste

