Démission surprise de Lecornu: L’État français secoué

La France s’enfonce dans une impasse politique sans précédent. Ce lundi, Sébastien Lecornu a présenté sa démission du poste de Premier ministre, moins de 24 heures après avoir dévoilé la composition de son gouvernement. Ce départ précipité, le troisième en moins d’un an, illustre l’ampleur de la crise institutionnelle qui secoue Paris depuis les élections législatives de 2024. Les législatives ont débouché sur un Parlement sans majorité absolue. En tête au premier tour, le Rassemblement national d’extrême droite a été freiné par une coalition de gauche — La France insoumise, les socialistes, les communistes et les écologistes — réunis sous la bannière du Nouveau Front populaire. Cette alliance a remporté le plus grand nombre de sièges, mais sans atteindre la majorité absolue.
Malgré les appels de la gauche à former le gouvernement, Emmanuel Macron a refusé, arguant du manque de majorité. Il a préféré nommer des figures centristes successives, défiant les équilibres parlementaires. Michel Barnier, premier choix de Macron, a été renversé par une motion de censure grâce à une alliance inédite entre la gauche et la droite.
François Bayrou lui a succédé en décembre 2024, mais son plan d’austérité a été massivement rejeté : 364 voix contre, 194 pour. Dernier en date, Sébastien Lecornu n’aura tenu qu’un jour, sa démission venant clore une tentative avortée de stabilisation. La colère monte dans les rangs politiques.
Jordan Bardella (RN) réclame une dissolution de l’Assemblée et un retour aux urnes. Jean-Luc Mélenchon (LFI) exige l’examen immédiat d’une motion de censure contre Emmanuel Macron, déposée par plus de 100 députés. Des analystes évoquent une crise comparable à celle de la IVe République, marquée par l’instabilité chronique des gouvernements et l’affaiblissement du pouvoir exécutif .
Malik M.