Décontamination des sites nucléaires du Sahara: L’appel pressant du Pr Ali Meftah

Lors d’une conférence à Alger, le géophysicien Ali Meftah a dressé un constat alarmant sur l’état des sites nucléaires de Reggane et In Ekker, plus de soixante ans après les essais français.
Les sols sahariens demeurent fortement contaminés par des radionucléides persistants, tandis que l’emplacement exact des déchets enterrés reste inconnu, faute de transparence de la France.
Le Pr Meftah souligne que l’absence d’informations fiables — plans d’enfouissement, inventaires détaillés, profondeur des dépôts — empêche la cartographie précise des zones à risque. Il appelle à des mesures immédiates : balisage des secteurs dangereux, interdictions d’accès, protection des populations nomades, puis excavation ciblée des sols et vitrification des sables les plus irradiés.
La situation sanitaire se dégrade également dans les régions de Reggane et Tamanrasset, où des hausses de cancers et de malformations sont observées. Le professeur réclame un registre médical national et un suivi régulier.
Concernant le massif du Tan Afella, site des essais souterrains, il alerte sur des fissures susceptibles de libérer des particules radioactives et demande un contrôle géomécanique continu.
Les experts présents ont insisté sur un point essentiel : aucune dépollution d’envergure ne peut être menée sans levée du secret-défense français. Ils demandent la divulgation complète des cartes, zones d’enfouissement, matériaux utilisés et déchets — notamment de plutonium.
Face à une contamination appelée à durer des millénaires, le Pr Meftah insiste sur une stratégie de confinement à très long terme. L’Algérie sollicite avant tout l’accès aux archives, une coopération technique et une reconnaissance officielle. Les universités et centres de recherche algériens disposent déjà des outils nécessaires pour surveiller l’air, l’eau et les sols. Ils sont appelés à jouer un rôle central dans la collecte de données et l’appui scientifique aux autorités.
Pour les experts, la décontamination du Sahara n’est pas seulement un défi technique, mais un devoir historique envers les populations du Sud : garantir la vérité, la transparence et une terre plus sûre pour les générations futures .
Samira A.