Critique théâtrale:Entre l’impératif journalistique et la rigueur académique

Dans le cadre de la 18ᵉ édition du Festival national du théâtre professionnel, une rencontre intellectuelle s’est tenue dimanche dernier à Alger pour interroger les liens complexes entre le texte théâtral et la littérature. Intitulée «Lire le théâtre, complexité et subjectivité», cette discussion a été animée par l’universitaire Ahmed Cheniki, qui a mis en lumière les défis de la critique théâtrale contemporaine.
Ahmed Cheniki a souligné que le théâtre se caractérise par sa complexité intrinsèque, nourrie par la relation vivante qui unit la scène au public. «L’acte de lire le théâtre n’est jamais un geste neutre», a-t-il affirmé, expliquant qu’il s’agit plutôt d’une expérience singulière, à la fois intellectuelle et sensible, qui mobilise l’émotion, la mémoire et l’histoire dans la réception du spectacle.
Le chercheur a également abordé le cas spécifique de l’Algérie, où la critique théâtrale s’est souvent développée dans un espace hybride, tiraillée entre les exigences du journalisme et les rigueurs du langage universitaire.
Pour dépasser cette tension, il a plaidé en faveur d’une approche reconnaissant la double articulation discursive du théâtre : celle du texte de l’auteur et celle, tout aussi signifiante, de la mise en scène.
Cette réflexion s’inscrit dans la programmation culturelle accompagnant le festival, dont l’édition 2025-2026 se déroule sous le thème «Le théâtre réduit les distances».
Elle rappelle que lire et critiquer le théâtre demeure un exercice exigeant, à la croisée de l’analyse textuelle et de l’expérience scénique, entre objectivité académique et sensibilité personnelle.
A. S.