Après le départ de Bruno Retailleau du ministère de l’Intérieur, le gouvernement français a adopté un nouveau ton, plutôt réconciliateur, envers l’Algérie. à Paris, l’heure semble être à la recherche de voies qui permettent la reprise du dialogue entre les deux pays, qui traverse la pire crise diplomatique depuis l’indépendance.
Les gestes d’apaisement se multiplient alors qu’à Alger, aucune réaction officielle n’est enregistrée pour le moment. Désormais, le gouvernement français plaide ouvertement pour la reprise du dialogue, abandonnant le ton belliqueux de l’ancien ministre de l’Intérieur. Son successeur, Laurent Nuñez, veut renouer le dialogue et le dit sans détour. «Je comprends que la tension qu’il y a actuellement avec l’Algérie fait qu’on n’a plus de relation sécuritaire avec eux, d’échanges sécuritaires. Pour un ministre de l’Intérieur, c’est un problème, c’est un gros problème», a-t-il déclaré aux médias français, plaidant pour «la reprise du dialogue». Le projet de la révision unilatérale de l’accord franco-algérien de 1968 est lui aussi abandonné. «Il y a cet accord, il fonctionne, il n’est pas complètement parfait, je vous le concède, mais pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour», a-t-il expliqué.
Il s’agit du deuxième geste allant dans le sens de l’apaisement enregistré en quelques jours seulement en France. Un premier geste a été accompli dans le cadre de la commémoration de l’anniversaire des massacres de 17 octobre 1961 à Paris.
En effet, à la demande de l’élysée, l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a assisté aux commémorations de ce triste anniversaire qui rappelle le massacre de centaines d’Algériens venus manifester pacifiquement pour l’indépendance de leur pays. En France, ce geste est aperçu comme un geste d’apaisement de la part du Président Emmanuel Macron. Pour Le Figaro,
M. Macron souhaite rappeler que la France n’oublie pas ce jour sombre de son histoire et envoie un message politique à son homologue algérien, selon lequel il veut tourner la page de la crise.
Selon des sources diplomatiques, Emmanuel Macron souhaitait envoyer deux messages à Alger : rappeler que «la France n’oublie pas ce jour sombre de son histoire», et souligner qu’il est désormais nécessaire de «dépasser la crise qui paralyse les relations franco-algériennes», a écrit Le Figaro.
Il faut rappeler que début avril dernier, les Présidents Tebboune et Macron sont convenus, lors d’une communication téléphonique, que la force des liens — en particulier humains — unissant l’Algérie et la France, les intérêts stratégiques et de sécurité respectifs des deux pays, les défis et crises auxquels l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique étaient confrontées exigeaient «le retour à ce dialogue d’égal à égal entre deux partenaires qui constituent des acteurs européen et africain de premier plan et qui sont attachés à la légalité internationale, ainsi qu’aux buts et principes édictés par la Charte des Nations Unies». La crise est revenue au lendemain de cette conversation. Il reste à se demander si Alger va accepter de renouer le dialogue avec Paris et avec quelles conditions .
Fateh H.
Crise entre l’Algérie et la France: Paris multiplie les gestes d’apaisement

