Face à l’explosion des volumes de déchets dans les zones urbaines, la collecte domestique devient un créneau porteur pour la jeunesse algérienne, mais reste pratiquée dans une anarchie préoccupante. C’est le constat dressé par Mme Nawel Kahina Khelalfa, chercheuse en recyclage à l’Université de Blida, invitée ce mardi sur la Radio Chaine II.Selon elle, l’absence de régulation expose les citoyens à des risques sanitaires majeurs, favorisant la prolifération de nuisibles et la propagation de maladies. Elle appelle à l’instauration d’un cadre juridique clair, garantissant des normes d’hygiène, de sécurité et de protection sociale pour les récupérateurs, souvent jeunes et livrés à eux-mêmes. Mme Khelalfa insiste sur une solution fondée sur l’humain, adaptée aux réalités algériennes.
La collecte commence à domicile, et aucun modèle étranger ne peut être transposé sans tenir compte des comportements et des habitudes locales. Son laboratoire propose une réflexion nationale, portée par des chercheurs algériens, pour atteindre l’objectif ambitieux du “zéro déchet”. La chercheuse appelle à intégrer la gestion des déchets dès la conception des projets urbains, soulignant l’impact direct sur l’attractivité économique, touristique et sanitaire des villes. Elle plaide pour une valorisation du métier de récupérateur, devenu une activité stratégique dans l’économie circulaire.Dans un pays où la jeunesse cherche des opportunités et où les enjeux environnementaux deviennent urgents, structurer la collecte des déchets n’est plus une option, mais une nécessité nationale.
Malik.M.

