Attaques massives contre l’Iran: Spectre de la guerre totale au Moyen-Orient

C’est un samedi noir en Iran. Le pays a été massivement attaqué, hier, par les états-Unis et l’entité sioniste, après plusieurs jours de haute tension entre Washington et Téhéran, et des semaines de menaces d’intervention militaire. Les Iraniens se sont réveillés sur les explosions et les bombardements.
Dans la matinée d’hier, plusieurs frappes aériennes ont ciblé de nombreuses villes iraniennes dont la capitale. Ces attaques font craindre un embrasement général dans la région. Le quartier général du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et le président Massoud Pezeshkian ont été ciblés.
Mais selon les autorités iraniennes, ces deux hauts responsables n’ont pas été touchés et se sont réfugiés dans des lieux sûrs avant le début des attaques.
Le bilan le plus lourd a été enregistré dans le bombardement d’une école de filles dans le sud du pays,
faisant 51 morts.
En riposte, Téhéran a lancé une première salve de missiles balistiques et de drones en direction de l’État d’occupation israélien, et des explosions ont été entendues à Jérusalem.
Un dirigeant iranien a indiqué à Al Jazeera qu’«aucune ligne rouge» n’est fixée dans la riposte de l’Iran contre Israël et que tous les intérêts américains dans la région sont des «cibles légitimes» pour son pays.
Les intérêts américains dans les pays de Golf (Qatar, émirats arabes, Unis, Bahrein) ont été attaqués. Plusieurs pays de la région ont dénoncé les attaques de l’Iran, annonçant plusieurs mesures dont la fermeture de leur espace aérien.
Les émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté deux vagues de frappes iraniennes, rapportant que des débris de missiles étaient tombés sur la capitale Abou Dhabi sans faire de blessés, après qu’une première vague de frappes a tué un civil.
Un missile lancé par l’Iran en représailles aux frappes américaines et israéliennes a causé des «dégâts importants» sur la piste d’une base aérienne au Koweït accueillant des membres de l’armée de l’air italienne. Une gigantesque explosion a retenti à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis et des explosions ont été entendues à Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite. Le Qatar a fermé son espace aérien et affirmé avoir repoussé toutes les attaques contre son territoire Réagissant, l’Arabie saoudite a condamné «l’agression brutale» iranienne contre le Qatar, le Bahreïn, la Jordanie, le Koweït et les émirats arabes unis, et a exprimé sa solidarité avec ces pays. Pendant ce temps, un responsable américain a dit à Reuters que les frappes ont été lancées par des avions et à partir de la mer et qu’elles devraient se prolonger pendant «plusieurs jours».
Le Président américain Donald Trump a justifié dès les premières heures ces attaques. «Il y a peu de temps, l’armée américaine a commencé des opérations militaires majeures en Iran. Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant des menaces imminentes venues du régime iranien, un groupe féroce de personnes très dures et terribles. Ses activités menaçantes mettent directement en danger les États-Unis, nos troupes, nos bases à l’étranger et nos alliés dans le monde entier», a déclaré Trump. à travers ces attaques, Washington veut détruire le programme nucléaire iranien et changer le régime politique.

Le monde sous le choc
Ces attaques font craindre le pire pour la région. Le chef des droits de l’homme des Nations unies, Volker Türk, a déploré ces frappes et a exhorté toutes les parties à revenir aux négociations, en affirmant que ces attaques ne feraient qu’entraîner «mort, destruction et désolation humaine».
«Je déplore les frappes militaires menées ce matin en Iran par Israël et les états-Unis d’Amérique, ainsi que les frappes de représailles ultérieures de l’Iran. Comme toujours, dans tout conflit armé, ce sont les civils qui finissent par en payer le prix ultime», a déclaré M. Türk dans un communiqué.
«Pour éviter ces terribles conséquences pour les civils, j’appelle à la retenue et j’exhorte toutes les parties à faire preuve de raison, à désamorcer la situation et à revenir à la table des négociations où elles cherchaient activement une solution quelques heures plus tôt», a-t-il ajouté.
La Russie a dénoncé les frappes sur l’Iran comme une «aventure dangereuse» menaçant la région de «catastrophe» et visant à «détruire» le gouvernement iranien car il a refusé de se soumettre à leur «diktat». «Washington et Tel-Aviv ont à nouveau lancé une aventure dangereuse qui rapproche rapidement la région d’une catastrophe humanitaire, économique, et, ce n’est pas à exclure, radiologique», a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.
«Les intentions des agresseurs sont claires et déclarées ouvertement : détruire l’ordre constitutionnel et détruire le gouvernement d’un état qui leur est indésirable et a refusé de se soumettre au diktat de la force et à l’hégémonisme», a-t-elle ajouté.
Déplorant un «acte d’agression militaire prémédité» contre un état «souverain», elle a appelé l’ONU et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fournir «une évaluation objective et intransigeante» de ces «actions irresponsables visant à détruire la paix, la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient».
De son côté, la dirigeante de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) a dénoncé les frappes qui sont «totalement irresponsables» et risquent de provoquer une nouvelle escalade. «Ces attaques sont totalement irresponsables et risquent de provoquer une nouvelle escalade ainsi qu’une augmentation du danger de prolifération nucléaire et d’utilisation d’armes nucléaires», a déclaré la directrice exécutive de l’ICAN, Melissa Parke, dans un communiqué.
D’autres pays ont appelé à la raison et au retour aux négociations.
Fateh H.