Après la réception de la ligne ferroviaire minière ouest: Cap sur la ligne Alger-Tamanrasset

Après la livraison de la ligne ferroviaire minière Béchar-Tindouf-Gara Djebilet, de 950 km, l’Algérie s’apprête à lancer un nouveau gigantesque projet ferroviaire de plus de 2 000 km : il s’agit de la ligne Alger-Tamanrasset, qui est une promesse électorale du Président Tebboune, faite au cours de son premier mandat. En effet, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, vient de présider une réunion de coordination consacrée au suivi du taux d’avancement des procédures administratives relatives au lancement de la réalisation du projet de la ligne ferroviaire
Alger-Tamanrasset, dans son tronçon reliant les wilayas de Laghouat, Ghardaïa et El-Menia.
Cette réunion vient «en préparation du lancement de l’appel d’offres pour le choix des bureaux de contrôle et de suivi pour assister l’Agence nationale pour les études et le suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), en sa qualité de maître d’ouvrage délégué par l’assistant du maître d’ouvrage, ainsi que les entreprises chargées de la réalisatio », selon un communiqué du ministère.
La réalisation de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset figure parmi les mégaprojets stratégiques qui s’inscrivent dans le cadre du plan de développement du réseau ferroviaire national, compte tenu de son rôle dans le renforcement de l’interconnexion entre le Nord et le Sud du pays, ainsi que dans le soutien au développement socio-économique des régions qu’il couvre.
Le projet est gigantesque. Il s’agit d’une ligne de chemin de fer transsaharienne, reliant Alger à Tamanrasset en passant par Médéa, Djelfa, Laghouat, Ghardaïa, El Menia et In Salah sur une distance de 2 039 km, avec des trains atteignant une vitesse de 220 km/h. Le tronçon reliant Boughezoul à Laghouat en passant par Aïn Ouassara, Hassi Bahbah, Djelfa et Sidi Makhlouf, à déjà été mis en service.
De cette ligne, deux branches se détachent : la première s’étend vers l’est de Laghouat à Tamanrasset, tandis que la seconde se dirige vers l’ouest de Ghardaïa à Béchar.
La ligne traverse dix wilayas (plus de sept millions d’habitants, représentant environ 18% de la population). Elle comprend 2 039 km dont 250 km sont déjà exploitée, 639 km dont les études sont finalisées et 1 050 km dont les études sont en cours, selon les données de l’Anesrif.
Le projet intéresse la Banque africaine de développement (BAD) qui l’a qualifié de «stratégique».
Après avoir minutieusement examiné sa portée socio-économique au niveau national et continental, la BAD a décidé de débloquer un prêt de 747,32 millions d’euros pour les besoins de financement de la première tranche allant de la wilaya de Laghouat jusqu’à El Menia en passant par Ghardaïa sur une distance de 495 km.
L’annonce de la BAD de participer au financement du projet est faite le 12 décembre dernier. Elle a soutenu que la ligne ferroviaire «vise à renforcer la connectivité territoriale, stimuler le développement économique du Sud algérien et soutenir l’intégration régionale».
La BAD avait également expliqué que ce projet ferroviaire contribuera directement à ses priorités stratégiques et s’inscrit dans le quatrième point cardinal relatif au développement d’infrastructures résilientes et à la valorisation des matières premières.
Fateh H.