Contre toute attente, Friedrich Merz n’a pas obtenu la majorité des voix nécessaires pour être élu chancelier dès le premier tour de scrutin, mardi, au Bundestag. Ce revers intervient au lendemain de la signature d’un accord de coalition entre son bloc conservateur CDU/CSU et le Parti social-démocrate (SPD) du chancelier sortant Olaf Scholz.En théorie, cette alliance permet aux deux formations de disposer d’une majorité confortable de 328 sièges sur les 630 que compte le Bundestag. Toutefois, seuls 310 députés se sont prononcés en faveur de Merz, soit six voix de moins que la majorité absolue requise.
C’est ce qu’a annoncé la présidente de la chambre basse du Parlement, Julia Klöckner.Face à cette impasse, la séance parlementaire a été immédiatement suspendue afin de permettre des consultations entre les groupes politiques. Le Bundestag dispose désormais de quatorze jours pour élire Friedrich Merz ou un autre candidat à la chancellerie. Un second tour de scrutin pourrait être organisé rapidement.
Ce vote manqué intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une économie allemande en berne, des relations transatlantiques fragilisées et une montée préoccupante de l’extrême droite. Ces tensions pourraient s’aggraver si l’impasse persiste.Friedrich Merz, chef de file du bloc CDU/CSU, semblait pourtant en bonne voie pour devenir le dixième chancelier de l’Allemagne moderne, après la victoire de son camp aux élections législatives de février et la conclusion de l’accord de coalition avec le SPD.S’il devait finalement accéder à la chancellerie lors d’un prochain tour, il lui faudra néanmoins faire preuve d’une forte capacité de leadership pour gouverner efficacement. La coalition tripartite dirigée par Olaf Scholz s’est effondrée en novembre dernier, laissant un vide politique au cœur de l’Europe, dans un moment particulièrement critique.
« Le monde demande depuis longtemps à l’Allemagne d’assumer un rôle de leadership ; il n’est désormais plus possible de faire la sourde oreille », a estimé Sudha David-Wilp, vice-présidente du German Marshall Fund, un centre de réflexion dédié aux relations transatlantiques.Sur le plan économique, l’Allemagne continue de subir les conséquences de la guerre commerciale mondiale, aggravée par les droits de douane imposés par l’administration Trump. Le pays est menacé d’une troisième année consécutive de ralentissement, accentuée par la fin des importations de gaz russe à bas coût.
Dans le programme de coalition CDU/CSU–SPD figurent plusieurs mesures destinées à relancer la croissance, notamment une baisse de l’impôt sur les sociétés et une diminution des prix de l’énergie. Par ailleurs, Friedrich Merz s’est engagé à maintenir un soutien indéfectible à l’Ukraine et à renforcer les dépenses en matière de défense .
Farid B.
Allemagne : Échec au premier tour pour Friedrich Merz malgré un accord de coalition

