Algerie-France:Paris pressé de reprendre le dialogue

La France semble être pressée de reprendre le dialogue avec l’Algérie, rompu depuis plusieurs mois. Du président de la République au ministre de l’intérieur, en passant par l’ambassadeur de France à Alger et le patron du renseignement extérieur, toutes les autorités françaises sont mobilisées afin de renouer les liens avec l’Algérie, multipliant les gestes d’apaisement.
En effet, le jour même de la libération de Boualem Sansal, suite à la grâce présidentielle décidée à la demande du président allemand, le chef de l’état français, Emmanuel Macron a tendu la main à son homologue algérien en vue de la reprise du dialogue entre les deux pays.
Prenant «acte de ce geste d’humanité du président Tebboune et l’en remercie», M. Macron a ajouté : «Je reste évidemment disponible pour échanger avec lui sur l’ensemble des sujets d’intérêt pour nos deux pays». L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a versé dans le même sens en plaidant pour la relance des relations entre Alger et Paris.
«Cette crise, qui a été ouverte à l’été 2024, s’est traduite par la rupture de la totalité des canaux de communication y compris pour la coopération sécuritaire, nous n’avions en quelque sorte plus de numéro de téléphone avec Alger», a-t-il affirmé dans des déclarations médiatiques.
Selon Stéphane Romatet, ces canaux de communication sont «en cours de rétablissement». «Nous sommes en train de prendre des initiatives pour rétablir, dans la discrétion, mais aussi dans le respect et dans la considération pour le partenaire algérien, ces canaux de communication», a-t-il dit.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, n’est pas en reste, lui qui succède à l’homme qui avait aggravé la crise. Sur BFMTV/RMC, il a évoqué que «la probabilité qu’il se rende en Algérie [était] très forte». «La stratégie du bras de fer ne fonctionne pas», a-t-il admis, en référence à la position de son prédécesseur Place Beauvau, Bruno Retailleau. Auparavant, c’était le patron des services de renseignements extérieurs français (DGSE), Nicolas Lerner, qui a plaidé pour la reprise des contacts.
Il a affirmé que la France est prête pour la relance du dialogue avec l’Algérie, expliquant que ce n’est dans «l’intérêt d’aucun des deux pays de rester dans cette situation de blocage».
«Nous avons atteint un point extrêmement bas de coopération opérationnelle en matière antiterroriste. Néanmoins, j’ose croire que, grâce aux canaux que nous avons préservés, si les services algériens étaient en capacité de détecter une menace sur le territoire national, ils l’auraient signalé», a jugé Nicolas Lerner.
Le dialogue sera-t-il relancé entre Alger et Paris ? Les prochains jours nous le diront !
Fateh H.