Alors que la bande de Ghaza tente de survivre à l’une des crises humanitaires les plus graves de son histoire, les Nations Unies ont annoncé l’allocation urgente de 11 millions de dollars supplémentaires issus du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF). Ce financement vise à renforcer les opérations humanitaires dans le territoire assiégé, à l’approche d’un hiver qui s’annonce particulièrement rude pour une population déjà meurtrie.
Farhan Haq, porte-parole adjoint de l’ONU, a précisé que cette enveloppe s’ajoute aux 9 millions de dollars transférés la semaine précédente, destinés à garantir un approvisionnement minimal en carburant et en biens essentiels.
Ces fonds sont cruciaux pour maintenir les services de base dans un contexte de cessez-le-feu fragile, où chaque jour de répit doit être mis à profit pour sauver des vies.
Tom Fletcher, coordinateur des affaires humanitaires de l’ONU, a lancé un avertissement clair : sans nouvelles contributions des États membres, l’acheminement de l’aide humanitaire risque de s’interrompre. «L’ONU ne pourra pas continuer à fournir une aide vitale aux personnes dans le besoin sans un sursaut de solidarité», a-t-il déclaré, soulignant la dépendance totale des opérations à un financement international renouvelé.
Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA, a réitéré l’urgence d’un accès humanitaire massif.
Dans un message publié sur X, il a martelé : «Il est temps de permettre l’entrée à grande échelle de l’aide humanitaire à Ghaza, y compris via l’UNRWA. Il est temps de construire un avenir de paix fondé sur la reconstruction et la justice.» Un appel qui résonne comme un cri d’alarme face à l’ampleur des destructions. Ce week-end, l’ONU a obtenu l’autorisation d’acheminer 20 000 tonnes métriques supplémentaires d’aide, portant le total à environ 190 000 tonnes depuis le début de la crise. Pourtant, la municipalité de Ghaza alerte : la reconstruction est impossible tant que les rues principales restent ensevelies sous les décombres. Selon ses estimations, 90% des voies de la ville sont détruites, et 50 millions de tonnes de gravats entravent tout accès logistique. L’allocation de 11 millions de dollars, bien que salutaire, ne représente qu’un palliatif temporaire. Elle doit être suivie d’un engagement massif et durable des États membres pour éviter que Ghaza ne sombre dans une catastrophe humanitaire prolongée. L’hiver approche, les infrastructures sont à terre, et la population attend plus qu’un geste : elle attend une mobilisation internationale à la hauteur de la tragédie .
Sabrina G.
Aide d’urgence à Ghaza:11 millions de plus pour maintenir les opérations vitales
