Un travail de renseignement patient, mené dans l’ombre pendant des mois, vient de porter ses fruits de la manière la plus spectaculaire. La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a annoncé jeudi dernier le démantèlement d’un réseau international de trafic de drogue, à l’issue d’une opération que le communiqué officiel qualifie lui-même de plus importante jamais réalisée par les services de police dans ce domaine. Un bilan qui illustre, au-delà des chiffres, la montée en puissance des capacités d’investigation et de coordination de la Sûreté nationale face à des organisations criminelles de plus en plus structurées et internationalisées.
Tout est parti d’un renseignement exploité dès le mois de janvier par les enquêteurs du Service central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (SCLTIS).
Ce travail de fond a permis de mettre au jour l’activité d’un réseau organisé opérant dans l’ouest du pays, avant que l’enquête ne remonte, fil après fil, jusqu’à son véritable centre de gravité : des chefs de réseau marocains, activement recherchés par la justice algérienne, qui pilotaient l’ensemble du dispositif depuis le Maroc. L’organisation s’appuyait sur des ramifications à Dubaï pour la gestion et le transfert des fonds issus du trafic, ainsi que sur des complices installés en France la signature d’une criminalité transnationale que seule une coopération étroite entre services d’enquête a permis de percer à jour.
Une fois les membres du réseau identifiés et les itinéraires des cargaisons en provenance des wilayas du Sud reconstitués, les enquêteurs du SCLTIS, appuyés par le Groupement des opérations spéciales de la police (GOSP), sont passés à l’action.
Des interpellations simultanées ont été menées dans cinq wilayas Oran, Tizi Ouzou, Alger, Blida et Tipaza, aboutissant à l’arrestation de 25 membres de l’organisation, parmi lesquels une femme et un ressortissant étranger. Selon les précisions apportées par le parquet du pôle pénal spécialisé de Sidi M’hamed, il s’agit du Mauritanien Seidna Fri, 32 ans ; vingt-cinq autres suspects, de nationalités algérienne, marocaine et néerlandaise, restent quant à eux activement recherchés, leurs identités ayant toutefois été entièrement établies par les enquêteurs.
Le butin saisi donne la mesure de l’ampleur du réseau démantelé : plus de 10,4 millions de capsules de Prégabaline et 33,4 kilogrammes de cocaïne, pour une valeur marchande globale estimée à près de 1 000 milliards de centimes. À cela s’ajoutent 19 véhicules utilisés dans les activités criminelles du réseau, dont un camion-citerne semi-remorque et trois motos, ainsi qu’une saisie de plus d’1,5 milliard de centimes correspondant aux revenus tirés du trafic.
Présentés le 20 août 2026 devant le procureur de la République près le pôle pénal spécialisé de Sidi M’hamed, à Alger, les suspects interpellés devront désormais répondre de leurs actes devant la justice.
Au-delà du volet judiciaire, cette opération confirme la capacité des services algériens à démanteler des filières qui dépassent largement les frontières nationales, en frappant simultanément aux points de commandement, de logistique et de financement d’un trafic qui menaçait directement la santé publique et la sécurité des citoyens.
Farid B.
Un coup de filet historique: La Sûreté nationale démantèle un narco-réseau international
