Chronotachygraphe: Les taxieurs approuvent, à condition d’y mettre les moyens

La Fédération nationale des transporteurs par taxi a fait connaître, mardi soir, son adhésion à la
décision du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire,
Saïd Sayoud, concernant la préparation à la mise en service du dispositif de contrôle de la vitesse et du temps de conduite dans les véhicules lourds et les transports de voyageurs.
Dans un communiqué, l’organisation professionnelle a qualifié cette mesure d’avancée pour la sécurité routière, estimant qu’elle contribuera à réduire les infractions liées à la vitesse et à prévenir les accidents de la circulation, au bénéfice de l’ensemble des usagers de la route et d’un transport plus sûr et plus responsable. Mais le soutien de la corporation n’est pas sans condition. Si elle réaffirme son adhésion à toute initiative visant à mieux organiser le secteur et à relever le niveau de sécurité, la fédération rappelle que l’efficacité de ces mesures dépendra aussi de l’amélioration des conditions de travail des
professionnels. Elle appelle notamment à des facilités et des incitations concrètes pour le renouvellement et l’acquisition de véhicules, afin de permettre aux transporteurs de se mettre à niveau face aux nouvelles exigences de sécurité un chantier qui suppose des investissements que beaucoup de chauffeurs peinent aujourd’hui à assumer seuls.
L’organisation insiste également sur un point qu’elle juge indissociable de la réforme : la révision de la tarification du transport, afin qu’elle reflète mieux les coûts d’exploitation et la hausse des charges pesant sur la profession. Sans cette remise à niveau économique, avertit-elle en filigrane, l’amélioration de la sécurité routière risque de peser uniquement sur les épaules des chauffeurs.
En conclusion, la fédération résume sa position en une formule qui se veut consensuelle : la sécurité du citoyen et celle du conducteur relèvent d’un même objectif, à condition que les progrès en matière de sécurité routière s’accompagnent du respect de la dignité du professionnel et de la préservation de sa capacité à exercer durablement son métier .
A. G.