Le compte à rebours est officiellement lancé. Réuni ce dimanche 9 août au palais du Gouvernement, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé la commission intersectorielle chargée d’examiner les dossiers d’indemnisation des victimes des incendies de forêt. Cette réunion, tenue en exécution des instructions du président de la République Abdelmadjid Tebboune, marque un tournant dans un dossier suivi de très près depuis les premiers jours de la crise : le chef de l’État a fixé la fin du mois en cours comme échéance impérative pour boucler l’ensemble du processus d’indemnisation. La rencontre d’hier signe l’entrée dans la dernière ligne droite d’un chantier administratif mené tambour battant depuis plusieurs semaines. Sur le terrain, les commissions locales, placées sous la supervision directe des walis, ont achevé le recensement, l’inventaire et les constats destinés à évaluer précisément l’ampleur des dégâts. Ce travail préalable, exigeant et minutieux, conditionnait l’ouverture de la phase suivante : l’examen des dossiers proprement dit et la fixation du montant des indemnisations dues à chaque sinistré.Le ministre a tenu à préciser le périmètre de la prise en charge. Celle-ci couvrira l’ensemble des préjudices constatés lors des opérations d’évaluation, sans exception : habitations et biens immobiliers endommagés ou détruits, biens mobiliers, récoltes agricoles et arbres fruitiers ravagés par les flammes, cheptel perdu, ainsi que toute autre perte dûment recensée sur le terrain par les équipes de constat. Une manière d’assurer que la réparation ne se limite pas aux dégâts les plus visibles, mais embrasse la réalité économique et sociale vécue par les familles touchées. Sur la méthode, Saïd Sayoud a été sans ambiguïté. Il a insisté sur la nécessité d’accélérer l’examen des dossiers et de finaliser rapidement les procédures, tout en veillant scrupuleusement à la rigueur et à l’intégrité de chaque étape du processus. Pour lui, l’opération d’indemnisation ne saurait souffrir d’approximation : elle doit reposer sur l’objectivité, l’équité, la justice et la transparence, seules garanties permettant à chaque sinistré éligible de recouvrer pleinement ses droits. Le ministre a également appelé à renforcer la coordination entre les différents intervenants et à instaurer un suivi quotidien des dossiers, dans un seul objectif : que l’ensemble des sinistrés soient effectivement indemnisés avant l’échéance du 31 août 2026.Au-delà de l’urgence immédiate, le ministre a profité de cette réunion pour élargir le débat et se projeter au-delà de la crise actuelle. Il a appelé à tirer les enseignements de cet épisode douloureux pour renforcer durablement le dispositif national de prévention et d’anticipation face aux feux de forêt. Selon lui, il s’agit désormais de rehausser la jaehizia la capacité opérationnelle des différents services concernés et d’améliorer la coordination entre eux, condition indispensable pour réagir avec efficacité et célérité face aux risques croissants liés au changement climatique et à la multiplication des épisodes de chaleur extrême. Une manière, pour le ministre, de rappeler que l’indemnisation des victimes, si urgente soit-elle, ne dispense pas l’État de repenser sa stratégie face à des catastrophes appelées à se répéter .
Lotfi L.-E.
