Le marché parallèle des devises reprend des couleurs: L’euro et le dollar repartent à la hausse

L’accalmie n’aura pas duré. À peine amorcée début juillet, la détente observée sur le marché informel des devises s’est déjà dissipée : euro et dollar reprennent leur ascension face au dinar, dans un mouvement qui pourrait bien s’installer dans la durée.
Derrière cette remontée, deux dynamiques se conjuguent : le durcissement des conditions d’accès à l’allocation touristique de 750 euros, et le retour de rendez-vous saisonniers que les cambistes du marché noir connaissent par cœur.
Ce lundi 20 juillet, l’euro s’échangeait autour de 277,50 dinars à l’achat et 277 dinars à la vente pour un dinar soit, en cotation courante, près de 27 750 dinars pour cent euros.
Le billet vert évolue dans une fourchette comparable, avoisinant les 23 900 dinars pour cent dollars, tandis que la livre sterling frôle désormais la barre des 30 000 dinars et que le dollar canadien se négocie aux alentours de 16 500 dinars. Cette flambée intervient après quelques semaines de calme relatif.
En juin, l’euro était brièvement repassé sous le seuil des 278 dinars, offrant un répit bienvenu aux acheteurs. Mais la tendance s’est inversée dès la semaine dernière : les cambistes rapportent un net regain de la demande, qui a rapidement fait remonter les cours vers leurs niveaux d’avant l’accalmie estivale.
L’allocation touristique, catalyseur de la tension
Principal facteur avancé par les acteurs du marché informel : les nouvelles règles encadrant l’allocation touristique de 750 euros.
Depuis le Conseil des ministres du 12 juillet, tout voyageur souhaitant en bénéficier doit désormais disposer d’un compte en euros adossé à une carte bancaire internationale — une exigence qui, selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, aurait poussé de nombreux candidats au voyage à se détourner des circuits bancaires classiques au profit du marché parallèle. Résultat : une demande en forte hausse, que les cambistes peinent à absorber, et des cours mécaniquement tirés vers le haut.

Rentrée universitaire et offre atone : une pression appelée à durer
À ce premier facteur s’ajoute un phénomène bien connu des habitués du Square Port-Saïd : l’approche de la rentrée universitaire, qui pousse chaque année, à partir du mois d’août, un nombre croissant d’étudiants algériens vers les campus européens la France en tête.
Cette catégorie d’acheteurs, traditionnellement très présente sur le marché des devises, commence déjà à peser sur les cotations actuelles. Dans le même temps, l’offre ne suit pas. Contrairement au début du mois de juillet, période durant laquelle les retours de la diaspora avaient temporairement injecté des liquidités sur le marché, aucun afflux comparable ne vient aujourd’hui compenser la demande. Ce déséquilibre, conjugué aux deux facteurs précédents, laisse présager une pression durable sur le marché parallèle, potentiellement jusqu’à la fin du mois de septembre.
Samira G