Face aux incertitudes géopolitiques qui secouent les marchés mondiaux de l’énergie, l’Allemagne accélère sa stratégie de diversification et tourne ses regards vers des partenaires stables et fiables.
En tête de liste : l’Algérie. La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, a affirmé que Berlin a déjà engagé des actions concrètes pour sécuriser ses approvisionnements gaziers à moyen et long terme, en multipliant les contrats avec des fournisseurs diversifiés.
Dans ce cadre, la société VNG, basée à Leipzig, lancera prochainement un appel d’offres pour des livraisons de gaz couvrant la période 2027-2036, une fenêtre d’opportunité majeure pour les pays producteurs. Interrogée sur les fournisseurs privilégiés, la ministre a été sans équivoque : l’Algérie constitue un partenaire clé et fiable, avec lequel Berlin entend élargir sa coopération.
L’Azerbaïdjan, via les pipelines, est présenté comme un fournisseur complémentaire, mais c’est bien Alger qui occupe la place centrale dans cette nouvelle architecture énergétique européenne. Ces déclarations, rapportées par l’agence DPA, interviennent alors que les répercussions du conflit iranien continuent de peser sur les marchés, affectant davantage l’Asie mais laissant entrevoir des signes de ralentissement dans l’économie allemande, renforçant ainsi l’urgence d’une sécurisation des approvisionnements.
Les relations énergétiques entre Alger et Berlin ne datent pas d’hier. En novembre 2025, une délégation algérienne de haut niveau, conduite par le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, et le secrétaire général du ministère de l’Énergie et des Mines, Miloud Medjelled, s’est rendue à Berlin pour des discussions stratégiques avec le secrétaire d’État allemand Frank Wietzel.
Les échanges ont porté sur des projets d’avenir ambitieux, notamment dans l’hydrogène vert et les énergies propres, à travers les initiatives «ALTEH2A» et le corridor «SoutH2 Corridor».
Les deux parties ont convenu d’élargir leur coopération à la formation, au transfert de savoir-faire et au développement technologique, des domaines clés pour accompagner la transition énergétique.
Cette dynamique s’est déjà traduite par des réalisations tangibles. En août 2024, Sonatrach a signé un contrat avec la société allemande VNG Handel & Vertrieb GmbH pour la fourniture de gaz à moyen terme, en présence du ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, et du vice-chancelier allemand, Robert Habeck.
Cet accord, qualifié par l’ancien PDG de Sonatrach, Rachid Hachichi, de «première étape» vers l’exportation de gaz algérien vers l’Allemagne, ouvre la voie à des perspectives élargies, notamment dans l’hydrogène vert.
Le PDG de VNG, Ulf Heitmüller, a salué l’importance du gaz algérien pour la sécurité énergétique européenne, évoquant des partenariats futurs prometteurs.
Dans le secteur des énergies renouvelables, la coopération s’intensifie également.
Sonelgaz a signé des accords avec une association allemande du solaire, tandis qu’un partenariat industriel a été conclu pour la production de batteries destinées aux énergies propres. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du vaste programme algérien visant à produire 15 000 MW d’énergie solaire d’ici 2035, confirmant la volonté d’Alger de se positionner comme un acteur incontournable de la transition énergétique en Méditerranée et au-delà. Alors que l’Europe cherche à réduire sa dépendance aux zones de tension, l’Algérie s’impose comme un fournisseur de stabilité, alliant ressources abondantes, fiabilité politique et vision stratégique tournée vers l’avenir.
La confiance affirmée par Berlin à l’égard d’Alger n’est pas le fruit du hasard : elle est le résultat d’une coopération renforcée, fondée sur des intérêts communs et une volonté politique partagée de bâtir un partenariat énergétique durable et mutuellement bénéfique .
Farid B.
Approvisionnement gazier: L’Allemagne choisit l’Algérie
