Les ministres arabes des Affaires étrangères ont approuvé sans la moindre voix discordante la candidature de l’éminent diplomate égyptien Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie du Caire, pour prendre la tête de l’organisation panarabe. Une décision historique qui témoigne d’une volonté collective de redynamiser
l’institution.
Réunis ce dimanche en session ordinaire par visioconférence, les membres du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel – avec parmi eux le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf – ont scellé un consensus remarquable autour du nom de Nabil Fahmy.
Ce vote unanime intervient alors que la session portait également sur les menaces pesant sur l’intégrité et la souveraineté des territoires arabes, un dossier sensible qui n’a pourtant pas entamé la convergence des vues sur la question de la succession à la tête de l’organisation.
L’actuel secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit, verra son mandat s’achever en juin 2026. C’est donc à compter du mois de juillet de la même année que Nabil Fahmy entrera officiellement en fonction, sous réserve de la ratification définitive attendue lors du prochain sommet arabe. Cette passation, préparée en coulisses depuis plusieurs mois, semble désormais sur les rails.
Nabil Fahmy n’est pas un inconnu sur la scène internationale. Âgé de 73 ans, ce diplomate chevronné a dirigé le ministère égyptien des Affaires étrangères de juillet 2013 à juin 2014, une période charnière pour son pays. Auparavant, il avait représenté l’Égypte à Washington pendant neuf années consécutives (1999-2008), forgeant une solide réputation dans les capitales occidentales.
Son expérience ne se limite pas aux États-Unis : il a également occupé de hautes responsabilités diplomatiques à New York – où il a siégé aux Nations unies – ainsi qu’à Londres. Homme de terrain autant que penseur des relations internationales, il a fondé la School of Global Affairs and Public Policy (GAPP) à l’Université américaine du Caire, dont il fut le doyen fondateur. Sa connaissance approfondie des dossiers moyen-orientaux, des équilibres géopolitiques régionaux et des enjeux de sécurité nationale arabe est largement saluée par ses pairs. C’est cette expertise qui a convaincu les chancelleries arabes de faire de lui le successeur naturel d’Aboul Gheit.
L’unanimité aussi rapide autour de la candidature égyptienne n’est pas anodine.
Elle traduit, aux yeux des observateurs, une aspiration partagée à renforcer la cohésion interarabe et à redonner à la Ligue – souvent critiquée pour son inefficacité, un rôle central dans la résolution des crises qui secouent la région.
En choisissant un diplomate égyptien de premier plan, les États membres rappellent également le poids historique et symbolique de l’Égypte au sein de l’organisation, d’autant que le Caire abrite le siège permanent de la Ligue arabe depuis sa fondation en 1945.
Malik M.
La Ligue arabe choisit l’unanimité:L’Égyptien Nabil Fahmy désigné prochain secrétaire général
