Mégaprojets miniers et ferroviaires: Tebboune fixe le cap de fin mars pour le lancement de l’exploitation

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a présidé jeudi une réunion de travail consacrée au suivi des mégaprojets structurants du pays, avec un accent particulier sur les projets miniers de l’Est et les grandes infrastructures de transport devant désenclaver le Sud profond.
La réunion a permis de faire le point sur l’état d’avancement de trois projets majeurs : la ligne minière Est, le complexe minier de phosphate et ses unités de transformation, ainsi que le projet d’extraction de zinc à Oued Amizour (Béjaïa) .
Selon les orientations présidentielles, l’exploitation effective de ces gisements doit être lancée avant la fin du mois de mars en cours .
Le projet d’Oued Amizour, qui constitue l’un des plus importants gisements de zinc-plomb d’Afrique, a fait l’objet d’une attention particulière. Lors du Conseil des ministres de janvier 2026, le président Tebboune avait déjà insisté sur « l’impératif de lancer ce projet économique prometteur en mars 2026, au regard des opportunités d’emploi et des retombées économiques attendues pour la région en particulier, et pour l’Algérie de manière générale » .
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation des ressources minières nationales. Le ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a rappelé à plusieurs reprises la ligne directrice du gouvernement : « Nous ne pouvons plus accepter d’exporter nos matières premières à l’état brut » . L’objectif est clair : transformer localement les minerais pour créer de la valeur ajoutée et des emplois.
La réunion a également abordé deux projets d’infrastructure d’envergure continentale : la route transsaharienne et la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset .
Cette liaison ferroviaire, dont le premier tronçon Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa (495 km) est estimé à 2,8 milliards de dollars, constitue la première étape d’un corridor structurant devant relier le Nord au Sahara profond, puis se prolonger vers le Niger .
Ce projet ferroviaire, qui s’inscrit dans un programme national d’expansion visant à doubler le réseau actuel pour atteindre 10 000 km en 2030, répond à plusieurs objectifs stratégiques .
Il permettra de désenclaver les régions du Sud, de réduire les coûts de transport, et surtout d’acheminer les minerais stratégiques (fer, zinc, phosphate) vers les ports du Nord pour leur transformation et leur exportation La Banque africaine de développement (BAD) a été désignée comme partenaire international privilégié pour accompagner ces mégaprojets. Lors de sa visite à Alger en novembre 2025, le président du groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, a salué « l’ambition du gouvernement algérien, la qualité de ses projets et sa capacité d’exécution », faisant du pays « un partenaire central pour la transformation de l’Afrique » .
Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de la loi de Finances 2025, qui a ouvert la voie au recours au financement extérieur pour des projets stratégiques . L’Algérie mise sur ces infrastructures pour accélérer sa mutation économique et réduire sa dépendance aux hydrocarbures, avec un objectif de porter la transformation locale des ressources à 60 % d’ici 2035, soutenue par un programme d’investissement de 60 milliards de dollars sur la période 2025-2029 .
Au-delà des projets miniers et ferroviaires, la réunion a également abordé les questions de sécurité
alimentaire. Le président Tebboune a réaffirmé que « le développement du secteur de la pêche et de l’aquaculture est une exigence nationale et une priorité », annonçant la poursuite de l’engagement de
l’État en faveur des pêcheurs à travers des mesures incitatives et l’introduction de techniques modernes d’exploitation . En matière agricole, le chef de l’État a enjoint au ministre de l’Agriculture d’adopter la mécanisation moderne pour augmenter la production d’arbres fruitiers, en s’orientant particulièrement vers des espèces à forte rentabilité économique comme l’arganier.
Le président Tebboune a souligné que « l’investissement de l’État dans le secteur minier vise à doter l’économie nationale de nouveaux piliers et ressources pour les prochaines étapes, au profit des générations futures » . Cette vision à long terme se traduit par un suivi rigoureux de l’exécution des projets : le président a instruit le gouvernement d’assurer un suivi quotidien des chantiers et d’aplanir toutes les difficultés rencontrées afin que le rythme des travaux passe à la vitesse maximale sans interruption .
Avec des délais désormais fixés à fin mars 2026 pour le lancement de l’exploitation minière, et à fin 2026 pour l’achèvement des infrastructures ferroviaires, l’Algérie engage une course contre la montre pour concrétiser sa transformation économique et offrir de nouvelles perspectives de développement à ses régions intérieures et sahariennes.
Anais.G.