Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a présidé ce mercredi en fin de journée une réunion consacrée à l’évaluation du travail de la commission chargée de préparer la visite officielle du Pape Léon XIV en Algérie, prévue du 13 au 15 avril prochain.
Ce conclave intervient quelques heures seulement après l’annonce officielle par le Vatican de ce déplacement historique, le premier d’un souverain pontife dans notre pays, à l’invitation du président Tebboune.
Dans un communiqué publié en soirée, la Présidence de la République a indiqué que « l’Algérie se félicite de la teneur du communiqué publié aujourd’hui par les autorités de l’État du Vatican, annonçant la visite
officielle de Sa Sainteté le Pape Léon XIV en Algérie, à l’invitation du président de la République ».
Le texte souligne que cette visite permettra de « consolider les liens d’amitié, de confiance et de compréhension entre l’Algérie et le Vatican, et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération reflétant leur foi commune en l’importance de bâtir un monde de paix, de dialogue et de justice, face aux défis actuels de l’humanité ».»
Une visite aux dimensions religieuses, civilisationnelles et diplomatiques
Au-delà du protocole diplomatique, ce déplacement revêt une portée symbolique exceptionnelle à plusieurs égards. Il intervient dans un contexte particulier où certaines voix s’emploient à nier la profondeur historique de l’Algérie. Cette visite remet les pendules à l’heure : l’Algérie a toujours existé, et a même joué un rôle reconnu dans la formation d’une partie de la pensée chrétienne occidentale.
Le choix d’Annaba, qui figure au programme du Pape aux côtés de la capitale, n’est pas anodin. La ville abrite « la phase la plus marquante du parcours spirituel et intellectuel de Saint Augustin », mettant en lumière un passé commun entre l’Algérie et l’Europe dans l’espace méditerranéen.
Les vestiges encore debout à travers plusieurs régions du pays témoignent que l’Algérie fut une terre de
rencontre de civilisations diverses : amazighe, romaine, islamique et méditerranéenne.
Un repositionnement stratégique sur l’échiquier international
Cette visite constitue d’abord un démenti cinglant aux thèses prétendant à un isolement international de l’Algérie. Elle confirme au contraire son rôle d’acteur « modéré et équilibré » dans un contexte marqué par des défis identitaires et religieux majeurs. L’Algérie conforte ainsi sa position de point d’équilibre entre l’Afrique et l’Europe, acteur incontournable dans le maintien des équilibres régionaux.
Sur le plan culturel, ce déplacement offre une occasion de haute portée pour renforcer la présence culturelle algérienne à l’international, favorisant la compréhension mutuelle et une cohabitation pacifique fondée sur le respect réciproque.
Un dialogue interreligieux réaffirmé
La dimension religieuse de cette visite est tout aussi significative. Elle permettra de « renforcer les relations entre l’Algérie et le Saint-Siège, soulignant l’importance du dialogue interreligieux dans l’espace méditerranéen ». Elle mettra également un terme aux campagnes de certains cercles qui tentent de présenter l’Algérie comme un pays où la liberté de culte serait inexistante et où les personnes pratiquant d’autres religions que l’islam seraient persécutées.
L’approche équilibrée et scientifique adoptée par l’État algérien dans la gestion de cet héritage multiforme démontre que, malgré les différences visibles, ce patrimoine commun constitue une force et une union plutôt qu’un facteur de conflit et de division.
Un atout majeur pour le soft power algérien
Première visite d’un souverain pontife en Algérie, cet événement ne saurait être considéré comme une simple rencontre diplomatique de routine. Il constitue une reconnaissance de la place de l’Algérie dans le bassin méditerranéen et en Afrique, lui offrant une occasion irremplaçable de renforcer son soft power sur la scène internationale. Dans un contexte de guerre numérique menée contre notre pays pour le présenter comme une menace, cette visite devient une arme stratégique répondant à ceux qui voudraient en faire un adversaire à abattre.
Fateh H.
