Le Kremlin a confirmé, mardi dernier, que son envoyé spécial, Kirill Dmitriev, s’entretiendrait avec des membres de la délégation américaine lors du Forum Économique Mondial (WEF) à Davos. L’objectif officiel de ces rencontres serait d’évoquer les efforts pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que M. Dmitriev aborderait le «processus de paix en Ukraine» avec certains représentants américains, sans dévoiler leur identité.
Ces pourparlers s’inscrivent dans la continuité de contacts discrèts. En effet, le mois dernier, Kirill Dmitriev s’était déjà rendu aux États-Unis pour rencontrer des émissaires de l’ancien et candidat à la présidentielle Donald Trump, afin d’évoquer un plan américain potentiel pour résoudre le conflit.
Cette initiative diplomatique bilatérale russo-américaine survient dans un climat de fortes tensions transatlantiques.
L’administration sortante du président Joe Biden a construit, avec ses alliés européens, une réponse unie face à l’invasion russe, centrée sur un soutien militaire à Kiev et des sanctions économiques d’une ampleur inédite contre Moscou. Cependant, la perspective d’un retour possible de Donald Trump à la Maison Blanche introduit une variable majeure. L’ancien président a régulièrement exprimé son scepticisme quant à l’ampleur de l’engagement américain en Ukraine et sa critique envers les dépenses de défense de certains alliés de l’OTAN.
Il a également évoqué sa capacité à résoudre le conflit rapidement, sur la base d’une relation affichée comme directe avec le président russe Vladimir Poutine. Cette approche unilatérale potentielle suscite de vives inquiétudes dans les capitales européennes.
Les dirigeants de l’UE rappellent que toute solution durable doit respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et craignent qu’un accord négocié sans leur concours ne sacrifie les intérêts de sécurité du continent.
Deux ans après le début de la guerre, malgré le coût économique des sanctions, l’Union européenne maintient sa position selon laquelle sa sécurité et l’ordre international fondé sur des règles sont des enjeux non négociables.
La rencontre de Davos sera donc scrutée comme un indicateur de l’évolution future des dynamiques diplomatiques, entre recherche d’une issue au conflit et préservation de l’unité occidentale.
Malik M.
Forum Économique Mondial: À Davos, la diplomatie en coulisses sur l’Ukraine
