Il plaide pour une relation «apaisée» entre les deux pays: Macron veut séduire Alger

N’ayant pas pu avoir son tête-à-tête tant attendu avec le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à Johannesburg, et que toute la presse française avait annoncé il y a quelques jours, le président français s’est exprimé sur les relations entre l’Algérie et la France.
En l’absence du chef de l’état algérien qui a délégué le Premier ministre Sifi Ghrieb, pour représenter l’Algérie, Emmanuel Macron a réitéré sa volonté de bâtir une relation «apaisée».
C’est donc un autre message qui s’ajoute aux dernières déclarations venues de Paris, faites par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, puis par le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu. Tous, veulent rompre avec la méthode faite de bras de fer menée à l’époque de Bruno Retailleau.
Face aux journalistes, en marge du sommet du G20 en Afrique du Sud, Emmanuel Macron a fait comprendre qu’il ne fallait pas laisser de place à ceux qui exploitent la relation Algérie-France à des fins politiques. «Beaucoup de gens veulent faire de l’Algérie une politique domestique française», a déclaré le président français, non sans souligner qu’en Algérie aussi, il y a des gens qui veulent faire de la relation avec la France une question interne. Mais, prévient-il, «si on laisse ces gens là de chaque côté faire l’agenda, il n’y a aucune chance qu’on avance».
Notant que l’Algérie et la France ont, durant les «dernières années», su «faire des avancées très concrètes», Macron rappelle avoir toujours eu «la même méthode». Cest à dire «le respect et l’exigence». Pour lui, le respect s’impose car «on a rarement des résultats» lorsqu’on veut avancer avec quelqu’un «en l’insultant». Alors que l’exigence est également importante du fait que la situation ne soit «pas satisfaisante» pur les deux côtés. En clair, Emmanuel Macron tend encore la main à Alger pour la réouverture du dialogue sur différentes questions, car, faut-il le rappeler, tous les canaux sont bloqués depuis l’été 2024 lorsque la France a reconnu la prétendue «marocanité» du Sahara occidental.
«Moi, je veux bâtir une relation d’avenir qui soit apaisée», a déclaré le locataire de l’élysée, estimant qu’il y a entre les deux pays, des défis communs notamment sur les subets «sécuritaire, migratoire, économique». Affirmant avoir réuni les ministres concernés par ces questions, dans le cadre d’un «processus» qui semble- t-il, d’apaisement avec Alger, Macron se félicite de la libération de l’écrivain Boualem Sansal, gracié pour rappel par le Président Abdelmadjid Tebboune sur sollicitation du chef d’état allemand. Maintenant, a-t-il encore ajouté, «il faut avoir beaucoup de constance (…) d’humilité et de respect», pour qu’en fin soit réglée la crose entre l’Algérie et la France.
Quand à son rendez-vous bien raté avec le Président Tebboune, «une rencontre se fera au moment où on l’aura préparée pour avoir des résultats», a soutenu Emmanuel Macron.
Reste désormais à attendre une éventuelle réaction officielle en Algérie, pour mesurer des chances d’un retour à la normale entre les deux pays .
Farid B.