Depuis Belém, au Brésil, où se tiendra la 30ᵉ Conférence des Parties sur les changements climatiques (COP30) du 10 au 21 novembre, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un appel pressant aux dirigeants du monde : agir «sans délai» pour contenir le réchauffement climatique, alors que la planète se dirige vers un dépassement inévitable du seuil critique de 1,5 °C.
Devant les chefs d’État réunis pour un sommet préparatoire sur le climat, Guterres a une nouvelle fois sonné l’alarme. Il a rappelé que chaque fraction de degré supplémentaire signifie «davantage de faim, de déplacements et de pertes, surtout pour ceux qui en sont les moins responsables».
Un dépassement incontrôlé, a-t-il averti, pourrait «faire basculer des écosystèmes entiers au-delà de seuils irréversibles, exposer des milliards de personnes à des conditions invivables et amplifier les menaces sur la paix et la sécurité». Pour le chef de l’ONU, l’incapacité à contenir ce réchauffement constituerait «un échec moral et une négligence mortelle».
Il a souligné que «chaque année plus chaude frappera les économies, creusera les inégalités et touchera le plus durement les pays en développement, alors même qu’ils ont le moins contribué à cette crise».
«Après des décennies de déni et de retard», a-t-il martelé, «la science est formelle : un dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C dès le début des années 2030 est désormais inévitable». Mais même temporaire, a-t-il insisté, «un tel excès provoquerait des destructions et des coûts bien plus élevés pour tous les pays». D’où son appel à «un véritable changement de paradigme» pour en limiter l’ampleur et la durée. Face aux délégués, Antonio Guterres a réaffirmé que la limite de 1,5 °C demeure «une ligne rouge pour l’humanité». Il a plaidé pour des réductions rapides des émissions, une sortie accélérée des combustibles fossiles et une protection renforcée des forêts et des océans.
Enfin, il a salué la dynamique mondiale en faveur des énergies renouvelables, qualifiant cette transition de «révolution de l’énergie propre», avec des investissements qui dépassent désormais ceux dans les énergies fossiles de plus de 800 milliards de dollars.
À Belém, le message est clair : l’heure n’est plus aux demi-mesures. Il faut un sursaut collectif, une volonté politique ferme et une solidarité internationale à la hauteur du défi climatique .
Amine S.
Climat: Guterres sonne l’alerte à Belém et appelle à un sursaut mondial

