Gustavo Petro, président de la colombie : «Un acte de résistance face à l’hégémonie américaine»

La diplomatie américaine a récemment annoncé la révocation du visa du président colombien, Gustavo Petro, en raison de ce qu’elle qualifie d’«actes provocateurs et incitatifs à la violence».
En réalité, cet acte fait suite à la participation audacieuse de Petro à une manifestation pro-palestinienne à New York, où il a appelé à la formation d’une «armée de sauvetage du monde» pour libérer la Palestine. Dans une vidéo largement diffusée, Petro s’est adressé à une foule énergique, exhortant «les pays du monde» à unir leurs forces pour défendre le peuple palestinien, victime d’un génocide à Ghaza. S’adressant directement aux militaires américains, il a déclaré : «Refusez de tourner vos armes contre l’humanité. Refusez les ordres de Trump. Obéissez aux ordres de l’humanité.»
De retour à Bogotá, il a revendiqué son geste, se qualifiant d’«homme libre dans le monde» et a affirmé qu’avec sa nationalité européenne, il pourrait voyager sans entraves. Le ministre colombien de l’Intérieur, Armando Benedetti, a dénoncé l’hypocrisie de Washington, affirmant que c’était plutôt le criminel de guerre Benyamin Netanyahou qui devrait voir son visa annulé, en raison de son rôle central dans le génocide à Ghaza. Lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, Petro avait déjà provoqué un choc diplomatique en appelant à la formation d’une force armée internationale pour protéger le peuple palestinien, dénonçant un système international paralysé, incapable d’arrêter les massacres de civils à Ghaza, soutenus par Washington.Il a également critiqué les récentes frappes américaines contre des embarcations suspectées de transporter de la drogue dans les Caraïbes, les qualifiant de «meurtres de jeunes innocents» et exigeant une enquête internationale.
En représailles, l’administration Trump a retiré à la Colombie son statut d’allié stratégique dans la lutte antidrogue, signalant un durcissement des relations bilatérales.
Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire colombienne, incarne une rupture radicale avec la soumission traditionnelle de Bogotá à Washington. Son soutien explicite à la Palestine, même au prix d’un affront diplomatique direct aux États-Unis, marque un tournant pour l’Amérique latine, qui se positionne de plus en plus comme un pôle de résistance contre l’hégémonie américaine et la complicité occidentale dans le génocide de Ghaza .
Sabrina G.