Le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, a appelé, dimanche à New York, à imposer des sanctions contre l’entité sioniste, responsable d’une agression meurtrière contre la bande de Ghaza et d’un plan visant à réoccuper Ghaza-ville.« L’Algérie condamne avec la plus grande fermeté la décision de la puissance occupante de déplacer toute la population de Ghaza et du nord de l’enclave, et d’y instaurer un contrôle militaire total », a-t-il déclaré lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité consacrée à cette annonce.
Le diplomate a dénoncé une situation insoutenable : « Ghaza est livrée à l’enfer, sous les mains d’une puissance occupante qui menace la paix et la sécurité internationales. Comme si Ghaza n’était pas déjà sous occupation, comme si elle n’était pas déjà soumise à un siège inhumain. Ce sont des crimes de guerre, et ceux qui dessinent leurs plans avec du sang ne doivent pas vivre dans l’ombre de l’impunité. La justice doit les appeler par leurs noms. »
Rappelant que la population palestinienne subit depuis vingt-deux mois déplacements forcés, famine et nettoyage ethnique, il a averti que cette nouvelle opération de transfert forcé ne ferait pas seulement
« ruiner Ghaza, mais anéantir ce qu’il en reste ».
La liste des martyrs, y compris ceux morts de faim, « est trop longue, trop lourde et trop sombre pour être contenue sur une page », a-t-il souligné, accusant l’occupant de persister dans une stratégie génocidaire. Selon lui, l’objectif ultime de cette politique est « d’expulser tout un peuple de sa patrie », de lui retirer « son État, son drapeau et son avenir ». Mais il a assuré que, malgré la brutalité, « les Palestiniens n’abandonneront jamais leur terre ni leurs droits ».Bendjama a fustigé le mépris de l’entité sioniste pour le droit international et pour le Conseil de sécurité, dénonçant sa « brutalité, cruauté et barbarie » contre les Palestiniens, et son recours systématique à la famine, à la soif, aux armes et à l’humiliation comme instruments de répression.
Il a toutefois noté que « toutes les voix se sont élevées » contre le génocide en cours : enquête de la Cour internationale de Justice sur « le crime plausible de génocide », mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale contre des responsables sionistes, résolutions répétées de l’Assemblée générale exigeant la fin de l’occupation, et dénonciations du Conseil des droits de l’homme. Mais, face à cela, a-t-il regretté, le Conseil de sécurité « reste muet ».« Le silence n’est pas neutre. Le silence tue », a-t-il averti, exhortant le Conseil à « agir de manière décisive et résolue », en mobilisant « ses moyens les plus puissants » pour mettre fin aux crimes commis contre le peuple palestinien.Et de conclure : « L’heure est venue d’imposer des sanctions à la main qui vole la terre, au drapeau qui flotte sur les ruines, à l’ennemi de l’humanité. »
Imène.G
L’Algérie à l’ONU :“L’heure est venue d’imposer des sanctions”
