Srebrenica, 30 ans après : Guterres alerte contre la banalisation de la haine et appelle à la vigilance

Al’occasion du 30e anniversaire du génocide de Srebrenica, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un appel solennel à la communauté internationale, l’exhortant à faire preuve de vigilance et de fermeté face à la montée des discours de haine, de l’exclusion et de la discrimination dans le monde. Dans un message empreint de gravité, António Guterres a rappelé que le massacre de Srebrenica, perpétré en juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie, demeure la pire atrocité commise sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques y furent froidement exécutés, tandis que des milliers de femmes, d’enfants et de personnes âgées furent violemment déplacés. Trente ans après, cette tragédie reste un symbole du prix de l’inaction face à la haine et à l’aveuglement identitaire.Pour le chef de l’ONU, cette journée de commémoration ne doit pas seulement être un moment de mémoire, mais également un appel à l’action. Il a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de ne jamais transiger sur la vérité, la justice et le respect des droits fondamentaux. « Nous devons apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs de la haine et de la violence, agir avant qu’il ne soit trop tard, et toujours faire prévaloir le droit international », a-t-il affirmé.
Le génocide de Srebrenica s’inscrit dans le contexte plus large de la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992–1995), qui fit plus de 300 000 morts selon les estimations de l’ONU. Ce conflit dévastateur a pris fin avec la signature des accords de Dayton, mais ses cicatrices humaines, sociales et politiques demeurent profondes.Chaque année, les autorités bosniaques organisent une cérémonie poignante à Potočari, où de nouvelles victimes identifiées sont inhumées dans le cimetière mémoriel. Cette tradition rappelle que la justice continue son œuvre, et que les familles attendent encore, pour beaucoup, la restitution et la reconnaissance de leurs proches disparus.
Imène.G