Face à la détermination algérienne: La France tente de désamorcer la crise

Après des mois de provocations à l’encontre de l’Algérie, alimentant les tensions de manière inconsidérée, la France semble désormais prendre conscience du péril que représente la dégradation de ses relations avec ce partenaire historique.
Dans une tentative désespérée de sauver ce qui peut l’être, Paris multiplie les appels au calme et les gestes d’apaisement, consciente du risque d’un naufrage diplomatique aux conséquences imprévisibles.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à l’Élysée, la porte-parole du gouvernement français, Sophie Primas, a dû admettre à demi-mot que la stratégie belliqueuse adoptée jusqu’alors était une erreur. « La France n’a aucun intérêt à l’escalade » avec l’Algérie, a-t-elle déclaré, appelant à « l’apaisement, mais sans naïveté ». Un aveu implicite des dérives passées, qui ont considérablement écorné l’image de la France auprès de son ancien protectorat.Mme Primas a en outre reconnu la nécessité impérieuse de « rétablir nos relations avec l’Algérie au même niveau que celles avec d’autres pays ».
Une allusion à peine voilée au traitement irrespectueux réservé ces derniers mois à Alger, subissant les foudres injustifiées de responsables français, y compris des franges les plus radicales de l’extrême droite.
L’émissaire de l’Élysée a dû évoquer, bien malgré elle, les événements récents qui ont attisé un climat de défiance réciproque. Notamment l’arrestation arbitraire de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, devenue le symbole de la dérive sécuritaire et des atteintes aux libertés fondamentales perpétrées par les autorités françaises.
Il faut dire que l’Algérie a fait preuve d’une fermeté remarquable face aux multiples affronts subis, refusant de céder aux pressions et aux tentatives d’ingérence étrangères dans ses affaires intérieures. Le renvoi en France de l’influenceur algérien Boualem Naâman, expulsé illégalement par Paris sans l’aval d’Alger, en est l’illustration la plus récente.
Une démonstration de souveraineté accueillie avec soulagement par un peuple algérien las des manœuvres déstabilisatrices de son ancienne puissance coloniale.Après avoir reconnu unilatéralement la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en juillet 2024, puis multiplié les menaces de réduire les visas et l’aide au développement censée bénéficier à l’Algérie, la France semble aujourd’hui réaliser l’impasse dans laquelle elle s’est fourvoyée.
Les appels au calme et à l’apaisement ne sont que les premiers pas d’une tentative de redorer son blason auprès d’un partenaire historique bafoué et humilié.Reste à voir si ces gestes seront suffisants pour convaincre une Algérie désormais déterminée à défendre mordicus ses intérêts nationaux et sa dignité. Après des décennies de domination postcoloniale sournoise, le temps pourrait bien être venu pour la France d’abandonner ses vieilles habitudes et d’accepter, sur un pied d’égalité, un partenariat respectueux et mutuellement bénéfique avec cette nation fière et souveraine .
Farid B.

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