La grève des élèves de lycées dans plusieurs wilayas du pays a fait tache d’huile, hier, au troisième jour d’appels qui demeurent jusqu’à présent, anonymes et suspects, sur les réseaux sociaux. Concentré pour la journée de dimanche dans le centre du pays, le mouvement a atteint en 48 heures plusieurs établissements à Batna, Annaba, Bordj Bou Arerridj, Boumerdes, Tizi-Ouzou, Alger, Oum El Bouaghi et Tiaret pour ne citer que ces villes.
Dès les premières heures, les élèves ont refusé d’accéder aux classes, sans toutefois, pour leur majorité savoir de quoi il s’agissait concrètement. Les seuls deux revendications brandies ici et là demeurent celles relatives au volume horaire surchargé et à la note du ministère de l’Education portant interdiction des cours particuliers à l’extérieurs des établissements.
D’où les soupçons de certains doigts accusateurs qui ont très vite désigné
«les enseignants» qui aurait, selon leur thèse, poussé les élèves à sortir dans la rue. Entre temps, ce sont les associations des parents d’élèves qui ont appelé au calme, dénonçant « des publications de propagande », relayées sur les réseaux sociaux, « pour des intérêts étroits ». Dans un communiqué, la Fédération nationale des associations des parents d’élèves (FNAPE), de Djamila Khiar, a appelé le ministère de tutelle « à ouvrir les établissements scolaires les samedis et mardi après-midi », afin de permettre aux enseignants de dispenser des cours particuliers « de façon encadrée », pour des élèves de classes d’examens qui souhaitent en bénéficier.
Une opération qui peut être menée «en contrepartie d’une somme fixée par des parties administratives ou des associations de parents d’élèves au niveau local » à verser par l’élève. En somme, il s’agit de pousser et les enseignants et les élèves à adhérer dans un programme contrôlé et encadré, loin des lieux dépourvus de moyens et qui constituent parfois un danger pour les élèves.
De son côté, l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE), tout en dénonçant « des parties non identifiées qui se cachent derrières de faux comptes sur les réseaux sociaux, visant à déstabiliser le secteur », a mis en garde contre « les dangers de ces lâches plans ». Appelant « à l’ouverture des canaux de dialogue » au sein de la famille de l’éducation, le syndicat rappelle que le ministère de tutelle s’est déjà penché sur la révision des programmes et du volume horaire. Effectivement, depuis Tindouf, Mohamed Seghir Saâdaoui a fait part en début de semaine, de la création d’une commission qui œuvre « à alléger le volume horaire pour les enseignants et les élèves ».
«Ceci se fait en prenant en compte le nouveau statut particulier et conformément aux instructions du Président de la République, qui accorde un intérêt particulier au secteur de l’éducation», a-t-il assuré, précisant que le programme du cycle primaire a déjà été allégé, en attendant celui du moyen et du secondaire. Il est question de réduire le volume de certaines matières, particulièrement celles pouvant être enseignées au fur et à mesure du parcours scolaire, d’alléger le poids du cartable, et de généraliser davantage l’utilisation des tablettes électroniques. En attendant que les syndicats des enseignants qui, jusqu’à maintenant sont restés muets, interviennent dans le débat, seuls les élèves, par ignorance, demeurent victimes d’un mouvement pas tout à fait innocent ! .
Farid B.
Des lycéens entrent dans une grève aux origines suspectes et les parents d’élèves alertés: Gare au dérapage !
