L’avocate Fatima Zohra Benbraham a révélé que des démarches avaient été entreprises par des avocats français pour demander la délocalisation en France du procès opposant l’écrivain algérien Kamel Daoud à sa cliente Saâda Arbane. Lors de son intervention dans l’émission L’invité du jour de la Chaîne 3 de la Radio Algérienne, Me Benbraham a exprimé son indignation face à ces initiatives qu’elle a qualifiées de « scandaleuses ». Elle a fustigé ces avocats français, les accusant d’agir davantage comme des « politiciens déguisés en robe d’avocat » que comme des professionnels du droit.Ce procès, prévu à Oran, repose sur des accusations graves portées contre Kamel Daoud et son épouse. Selon Me Benbraham, deux plaintes ont été déposées pour violation du secret professionnel, diffamation envers les victimes du terrorisme, et violation de la loi sur la réconciliation nationale. La demande de délocalisation du procès repose notamment sur la nationalité française de Kamel Daoud, attribuée par décret présidentiel. Me Benbraham a tenu à rappeler que cette nationalité ne prévaut pas sur sa nationalité algérienne, qui reste d’origine et inaliénable. Elle a ajouté que Kamel Daoud n’a jamais renoncé à sa citoyenneté algérienne et que l’Algérie n’a jamais déchu un citoyen de sa nationalité.Alors que le procès s’annonce complexe, Me Benbraham a souligné l’absence de réponse de la part de Kamel Daoud et de son épouse, malgré plusieurs tentatives pour obtenir leur version des faits. Pour l’avocate, ce silence constitue un aveu implicite et conforte la solidité des accusations portées contre eux. Elle conclut en affirmant que son engagement dans cette affaire repose exclusivement sur le respect du droit, afin de rendre justice à sa cliente.
Kamel Daoud :vers un procès déplacé en France ?
