L’Algérie prend ses distances avec le blé français

Face aux tensions diplomatiques exacerbées avec la France ces derniers mois, l’Algérie a adopté une position de fermeté en se détournant progressivement des importations de blé tendre en provenance de l’Hexagone. Cette décision, loin d’être anodine, témoigne de la volonté d’Alger de réaffirmer sa souveraineté et de défendre ses intérêts stratégiques face à l’ingérence française dans le dossier du Sahara occidental.
Les relations bilatérales, déjà tendues depuis trois ans, ont subi un coup supplémentaire lorsque le président Emmanuel Macron a ouvertement soutenu la revendication marocaine sur ce territoire occupé en juillet dernier. Une prise de position unilatérale qui a profondément heurté la position historique de l’Algérie, fer de lance du soutien à la cause sahraouie.La réaction algérienne ne s’est pas fait attendre, avec le rappel de son ambassadeur à Paris, poste resté vacant depuis. Les déclarations renouvelées de Macron devant le Parlement marocain fin octobre n’ont fait qu’attiser davantage la colère d’Alger, fermement décidée à ne pas cautionner une telle immixtion dans un dossier aussi sensible. C’est dans ce contexte tendu que l’Algérie a choisi de faire parler les actes économiques. Depuis juillet dernier, aucune cargaison de blé français n’a été importée par le pays maghrébin, traditionnel client majeur de cette céréale. Un coup dur pour les exportations tricolores, qui perdent ainsi un débouché de taille.
Cette décision pragmatique illustre la détermination algérienne à ne pas dissocier les enjeux commerciaux des considérations diplomatiques et géopolitiques. Loin d’être une simple mesure de rétorsion,
ce geste fort rappelle à la France les conséquences potentiellement lourdes d’un soutien inconditionnel au Maroc dans le conflit du Sahara occidental.Bien que des rumeurs de rupture commerciale totale avec la France aient été démenties, l’Algérie semble résolue à maintenir une ligne de fermeté tant que la situation restera inchangée. Une attitude cohérente avec la doctrine algérienne de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, un principe auquel Alger entend rester fidèle.
Au-delà de l’aspect symbolique, cette décision pourrait avoir des répercussions concrètes sur le
secteur céréalier français. Avec une production nationale déjà réduite pour la campagne 2024/25
et des exportations vers les pays tiers en net recul, la perte du débouché algérien pourrait peser lourd dans les bilans.En diversifiant ses approvisionnements, comme ce fut le cas en 2021 avec le blé russe, le pays montre sa capacité à s’adapter et à faire prévaloir sa vision souverainiste .
Farid.H.

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