L’Algérie célèbre aujourd’hui l’anniversaire d’un des évènements phares qui ont marqué la guerre d’indépendance (1954-1962). Il s’agit des manifestations du 11 décembre 1960 qui ont constitué un tournant décisif dans la Révolution.
Six ans après le déclenchement de la guerre de libération nationale, le 1er novembre 1954, les Algériens se sont mobilisés à travers le pays pour exprimer leur soutien à la révolution et rejeter le plan de la France pour l’Algérie. Aujourd’hui, le pays célèbre l’anniversaire de ces événements qui ont donné un nouveau souffle à la guerre d’indépendance.
Que s’est-il alors passé ?
Le chef de l’état français, le général Charles de Gaulle prévoyait une visite en Algérie qui devait s’étaler du 9 au 12 décembre pour faire la promotion de son Plan pour le pays. Des organisations extrémistes françaises appuyées par des unités de l’armée projetaient d’organiser des manifestations en faveur d’une «Algérie française».
Le 9 décembre, à Aïn-Témouchent, première escale du général, des extrémistes européens organisent une manifestation pour exprimer leur rejet de toute initiative visant à améliorer les conditions de vie des Algériens. Mais ils sont surpris en voyant des manifestants algériens occuper la rue criant leur ras-le-bol et exigeant l’indépendance du pays, avec comme principal slogan «Algérie algérienne».
Le lendemain, des milliers de personnes, drapeaux algériens en main, ont manifesté à la rue Mohamed-Belouizdad (ex-rue Belcourt), à Alger et dans d’autres quartier de la capitale.
Le 11 décembre, les manifestations se propagent à Alger et dans d’autres villes du pays, réclamant l’indépendance du pays. Malgré la répression qui a provoqué plusieurs dizaines de morts par balles, elles durent une semaine. Ces manifestations étaient un véritable tournant dans la révolution algérienne, d’autant plus qu’elles intervenaient à quelques jours seulement de la date à laquelle l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) devait étudier la question algérienne, une séance programmée pour le 19 du même mois.
Le 19 décembre 1960, comme prévu, l’Assemblée générale de l’ONU vote la résolution 1573 reconnaissant au peuple algérien son droit «à la libre détermination et à l’indépendance».
Les historiens estiment que ces manifestations constituent l’un des jalons les plus importants de la révolution armée, particulièrement après le retour du Général De Gaulle au pouvoir en 1958.
Le 16 décembre 1960, le président du GPRA, Ferhat Abbas lance un appel au peuple agérien, publié dans El Moudjahid du 19 décembre 1960. Il y écrit : «Algériens et Algériennes, qui avez affronté avec abnégation, la fureur des ultras et de l’armée française, nous vous adressons l’expression émue de notre admiration ! (…) Frères et sœurs d’Algérie ! Vous avez écrit, avec le sang de nos martyrs, une page glorieuse de notre Histoire. En acceptant une mort héroïque, vous avez affirmé votre droit à la vie, vous avez gagné le droit à la dignité, vous avez mérité votre liberté. Quelle leçon aux imbéciles agités de la rue Michelet ! Quelle leçon aux apprentis fascistes et aux éternels racistes, qui, sûrs de la police et de l’armée françaises, se livrent impunément depuis six ans aux lynchages et aux tueries des patriotes, de ceux qu’ils devraient respecter parce qu’ils sont dignes de respect. Enfin quelle terrible leçon aux attardés de la “pacification”, à ceux qui nourrissent encore l’illusion de séparer notre peuple de son armée et de son gouvernement. (…) Nous vivons un moment crucial de notre Histoire. Nous traversons de grandes épreuves. La bataille que vous venez d’engager à pris une grande ampleur. Le monde entier l’a enregistré comme une éclatante victoire de notre lutte de libération nationale. Cette bataille doit maintenant prendre fin. Elle n’est pas la dernière. D’autres épreuves nous attendent».
Fateh H.
65e anniversaire des manifestations du 11 décembre 1960:Un seul héros, le peuple !

