Dans un geste aussi cynique qu’indécent, la Maison Blanche s’apprête à dérouler le tapis rouge pour Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien et poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI). Selon des informations rapportées ce
samedi par l’Agence France-Presse, citant un haut responsable américain, Netanyahu devrait être reçu ce lundi à Washington, à l’invitation de Donald Trump. L’annonce de cette visite survient dans un contexte international explosif. La bande de Gaza est toujours en proie à une guerre d’anéantissement,
marquée par des massacres à grande échelle, la destruction méthodique des infrastructures civiles, et le
ciblage répété des journalistes, des médecins et des humanitaires. Et pourtant, malgré un mandat d’arrêt international émis par la CPI, les portes du Bureau ovale s’ouvrent à Netanyahu, comme si de rien
n’était. Pire encore, cette réception n’est pas un simple fait diplomatique : elle constitue un affront direct à la justice internationale, un piétinement assumé du droit humanitaire, et un message glaçant envoyé à toutes les victimes : dans ce monde déséquilibré, les bourreaux peuvent toujours compter sur l’impunité – du moment qu’ils sont utiles aux intérêts américains.
Trump, complice d’un génocide annoncé
Donald Trump, de son côté, affiche sans réserve sa proximité avec l’extrême droite israélienne. En appelant Netanyahu et le Premier ministre hongrois Viktor Orbán (dont le pays s’est récemment retiré de la CPI), Trump démontre qu’il ne s’embarrasse ni de principes, ni de droit international. Sa diplomatie se résume à une logique transactionnelle décomplexée :
les alliances se nouent au gré des deals, des intérêts économiques ou électoraux, sans égard pour la
morale ou la légalité.
Selon le site américain Axios, c’est Trump lui-même qui aurait proposé cette rencontre pour discuter d’une autre mesure controversée : l’instauration de droits de douane de 17 % sur les produits israéliens. Ce sujet, purement économique, serait l’un des points à l’ordre du jour, aux côtés du conflit à Gaza et du programme nucléaire iranien.Mais de cessez-le-feu, il ne sera sans doute question que dans les termes les plus vagues, tant les deux hommes partagent une vision guerrière et expansionniste du Moyen-Orient. L’un comme l’autre considèrent la diplomatie comme un outil de domination, et non de paix.
Une visite scandaleuse, une quatrième depuis le 7 octobre
La venue de Netanyahu à Washington sera sa quatrième depuis l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », lancée le 7 octobre 2023, et la deuxième depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025. Cette fréquence de rencontres en dit long sur l’axe idéologique qui les unit, bien au-delà des considérations diplomatiques classiques. Leur entente repose sur un rejet commun des institutions internationales, un mépris assumé du multilatéralisme, et une vision autoritaire de la gouvernance. Netanyahu, embourbé dans des scandales judiciaires et une guerre de plus en plus assimilée à un nettoyage ethnique, trouve en Trump non seulement un allié, mais un complice.En recevant à la Maison Blanche un homme poursuivi pour crimes contre l’humanité, Trump insulte la mémoire des milliers de victimes, défie les lois internationales et confirme, s’il en était besoin, que les valeurs universelles de justice et de dignité humaine n’ont plus droit de cité dans sa vision du monde.Le signal est clair : à Washington, l’impunité est servie en grande pompe.
N.C

