Les Nations Unies ont tiré la sonnette d’alarme dans leur dernier rapport publié jeudi, révélant une augmentation de 25 % des violences sexuelles dans les zones de conflit armé par rapport à l’année précédente.
Ce constat dramatique met en lumière une réalité insoutenable : le viol et les agressions sexuelles continuent d’être utilisés comme armes de guerre, de domination et de terreur, en particulier en Afrique et en Haïti, où les cas recensés sont les plus nombreux.
Selon le rapport, 63 parties étatiques et non étatiques sont désormais mentionnées dans l’annexe officielle, soupçonnées de manière crédible d’avoir commis ou commandité des actes de violence sexuelle dans des contextes de conflit. Ces entités sont désormais inscrites à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations Unies, ce qui marque une étape importante dans la reconnaissance et la dénonciation de ces crimes. Pour la première fois, le rapport introduit une annexe préventive, dans laquelle certaines parties sont formellement mises en garde en vue d’une éventuelle inscription dans le prochain rapport du Secrétaire général. Cette mesure vise à accroître la pression diplomatique et à encourager les changements de comportement, avant que des sanctions ou des enquêtes internationales ne soient déclenchées.
Une arme de domination et de terreur
Comme l’a souligné Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, les violences sexuelles dans les conflits ne sont pas des actes isolés. Elles sont souvent systématisées, utilisées comme outils de torture, d’humiliation, d’extraction d’informations, mais aussi comme moyens de contrôle territorial par des groupes armés. Ces pratiques visent à briser les communautés, à instaurer la peur, et à affaiblir les structures sociales dans les zones conquises.Le rapport met en évidence le caractère stratégique de ces violences, qui ne relèvent pas seulement de la brutalité individuelle, mais d’une logique militaire et politique, où le corps des femmes, des enfants et parfois des hommes devient un champ de bataille.
Une réponse internationale encore insuffisante
Malgré les mécanismes mis en place par l’ONU, les juridictions internationales et les ONG, la lutte contre les violences sexuelles en temps de guerre reste entravée par l’impunité, le silence, et parfois la complicité de certains acteurs étatiques. Les victimes, souvent marginalisées, traumatisées et sans recours, peinent à obtenir justice ou réparation .
Samira.A.

