Violences en zones de conflit: L’ONU alerte sur une offensive mondiale contre les droits des femmes

Les violences faites aux femmes ont explosé de près de 90% en deux ans, alerte Antonio Guterres dans un rapport publié lundi dernier. Plus de 675 millions de femmes vivent à proximité directe d’un conflit meurtrier, un niveau inédit depuis les années 1990. Le Secrétaire général des Nations Unies dénonce une régression historique des droits des femmes dans les zones de guerre, vingt-cinq ans après l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution sur leur représentation dans les processus de paix. Le rapport souligne que la planète connaît actuellement le plus grand nombre de conflits actifs depuis 1946.
Les victimes civiles parmi les femmes et les enfants ont quadruplé, conséquence de guerres où les règles humanitaires s’effacent. Des violations graves sont recensées en Afghanistan, en RDC, en Haïti, en Birmanie, au Soudan et dans les territoires palestiniens occupés.
À New York, la Directrice exécutive adjointe d’ONU-Femmes a dénoncé l’explosion des dépenses militaires, qui ont atteint 2 700 milliards de dollars en 2024, soit une hausse record de 9,4%. Elle déplore que l’égalité des genres et le multilatéralisme soient aujourd’hui attaqués de toutes parts.
Le rapport évoque également la «violence reproductive», désignant la destruction délibérée des maternités et le blocage de l’accès aux soins. À Ghaza, des milliers de femmes accouchent sans anesthésie, ni eau, ni suivi post-partum. Ces violences ne sont plus des dommages collatéraux, mais des armes de guerre, aussi courantes que les fusils d’assaut. Face à cette dérive, l’ONU appelle à investir dans les outils de la paix, les droits fondamentaux et le développement durable, affirmant que l’accumulation des armes ne mène qu’à l’aggravation des crises .
Malik M.