Vers une loi-cadre:L’Algérie codifie l’éthique de l’IA

Le gouvernement s’attèle à l’élaboration d’un cadre législatif global visant à encadrer l’usage éthique de l’intelligence artificielle dans l’ensemble des secteurs ministériels et institutions nationales. Cette démarche s’accompagne d’un programme ambitieux destiné à attirer les investisseurs étrangers et à soutenir les entreprises locales, dans le but de stimuler l’innovation et renforcer l’économie nationale.
Dans une réponse officielle datée du 23 octobre, consultée par le quotidien Echorouk, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a précisé, au nom du Premier ministre, que les travaux en cours visent à renforcer les capacités réglementaires et à mettre en place un cadre juridique unifié. Celui-ci définira les règles et politiques encadrant l’usage de l’IA, tout en garantissant le respect des normes éthiques et sécuritaires à toutes les étapes, de la recherche à l’application. L’Algérie ambitionne de bâtir un écosystème national de l’intelligence artificielle en misant sur la recherche scientifique, la formation de compétences spécialisées, la modernisation des infrastructures numériques et l’intégration progressive de ces technologies dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé, l’industrie et l’administration publique.
L’objectif est d’améliorer la performance des services, d’optimiser les ressources et d’accélérer la transition vers une économie du savoir compétitive et durable. Dans cette dynamique, le Conseil scientifique algérien de l’intelligence artificielle a été créé le 26 juin 2023.
Composé d’experts algériens résidant dans le pays et à l’étranger, ce conseil est chargé de proposer les axes de la stratégie nationale et de définir les infrastructures nécessaires à son déploiement.
Les consultations menées avec les acteurs publics et privés, entreprises, centres de recherche, institutions spécialisées, ont abouti à la formulation d’une stratégie nationale, présentée en décembre 2024 lors du sommet africain des start-up. Cette feuille de route vise à positionner l’Algérie comme un acteur régional et international de premier plan dans le domaine de l’IA. Pour pallier le déficit en compétences spécialisées, la stratégie prévoit la création de 74 programmes de master dédiés à l’intelligence artificielle, avec l’inscription de près de 3 000 étudiants dès l’année universitaire 2024-2025. Elle inclut également l’augmentation du nombre de postes de doctorat et l’adaptation des cursus en partenariat avec les acteurs industriels.
La stratégie nationale prévoit également des campagnes de sensibilisation pour diffuser la culture de l’intelligence artificielle et intégrer ses fondamentaux dans les programmes scolaires, du secondaire à l’université, afin de préparer une nouvelle génération apte à relever les défis du numérique .
Lamine N.